Maria Goretti, Fleur des marais
Maria Goretti est l'aînée d'une famille pauvre de 6 enfants. A 12 ans, elle préfère mourir pour le Christ plutôt que de céder aux avances d'un jeune voisin.
Malgré la peur, elle ne cesse de le repousser en lui disant avec détermination : "Arrête, c'est un péché, cela n'est pas la volonté de Dieu".
Grâce
à sa foi, elle parvient à pardonner à son assassin, déclarant au prêtre
venu l'accompagner dans ses derniers instants : "Pour l'amour de Jésus,
je lui pardonne et je veux qu'il soit un jour avec moi dans le
paradis".
Maria Goretti a été canonisée en 1950 par Pie XII. Fêtée le 6 juillet, elle est la sainte patronne de la jeunesse et de la pureté.
Quelques citations
Comment pareille fleur d'humanité avait-elle pu s'épanouir dans ce village dévasté par les vapeurs pestilentielles, à la lisière des marais ?
Mais je n'ai pas encore fait ma première communion et je voudrais tellement recevoir Notre Seigneur !
Je crois qu'on ne doit pas regarder cela. Enlève ces vilaines images !
Tu ne comprends peut être pas, mais je ne veux pas que notre enfant prie devant une image qui lui a été donnée par des mains impures.
Je reste auprès de mon papa, dit Marietta d'un ton résolu.
Allez-vous en d'ici ! Allez-vous en tous ! Sinon le marais vous tuera aussi... Tu entends Marietta ? Toi, tout particulièrement, il faut t'en aller... Prends garde au marais ! Prends garde à Allessandro Serenelli !
Que Dieu te protège toujours, mon enfant ! Dit-il enfin. Je pressens que tu seras la première à me suivre.
Ton papa est au ciel. Oui, maman, sanglota Marietta.
Regarde-là, dit la paysanne en montrant l'image de Notre-Dame des Sept-Douleurs, suspendue au-dessus du lit du mort. Elle nous consolera ; car elle aussi dut donner ce qu'elle avait de plus cher sur la terre, son fils unique.
Désormais, nulle route ne fut plus chère à Marietta que celle du cimetière de la Conca. Un immense désir s'éveillait dans son âme et avec lui grandissait la souffrance qu'il apportait.
Si nous pouvions, nous aussi, communier, Angelo !
Tu dis que je n'y dois plus penser ? Mais je ne puis m'empêcher d'y penser sans cesse.Maman
! Reprit l'enfant, est-ce que Notre Seigneur n'a pas appelé à lui les
pauvres ? Aujourd'hui encore, j'ai entendu à l'église ce qu'il a dit :
"Venez à moi, vous tous qui êtes las et accablés !"
Que peut faire ta pauvre maman si éprouvée, mon petit cœur ? Je ne puis même pas t'envoyer à l'école.
Je désire tellement communier, dit-elle, en regardant le prêtre de ses profonds yeux bruns. Mais nous sommes pauvres.
A toi cher Papa, je puis bien dire que je voudrais aller à Jésus, s'écria t-elle avec ferveur. Je voudrais communier et, si c'est impossible, je voudrais aller au ciel pour être près de Jésus.
Pourquoi donc es-tu triste, maman ? C'est à cause de Papa que tu as pleuré ? Il est au ciel auprès de Notre Seigneur, de la Très Sainte Vierge ; et il est très heureux. Alors nous ne devons plus pleurer.
Je crois que c'est Papa lui-même qui dans le ciel nous a obtenu du bon Dieu cette grâce, dit Marietta rayonnante, quand elle se retrouva seule avec sa mère.
"Une pauvre femme", se demandait Marietta, longtemps après que les portes se furent refermées derrière la Comtesse. "Celle qui possède tant de robes magnifiques, d'un si grand prix, ce serait une pauvre femme ! C'est inconcevable !
Marietta assura qu'elle ne pouvait dormir quand sa Maman veillait ; elle obtint donc la permission de l'accompagner à l'étable.
Mais tu vois c'est le cœur qui doit rester pur, très pur. Il n'y doit pas pénétrer la moindre poussière, ni péché, ni mal.
Il vous regarde : toi, toi et toi, et vous tous ! Il ouvre la bouche et il te chuchote à l'oreille d'une voix encore tremblante sous l'excès de ses souffrances : mon enfant, cela, c'est pour toi que je l'ai souffert, pour que jamais tu ne succombes au péché d'impureté.
Marietta savait maintenant qu'elle avait à garder une vertu plus précieuse que tous les trésors du monde et qu'elle avait à se préserver d'un péché pire que la mort.
Et voici que passa une fillette qui levait sa petite tête blonde nimbée d'un magnifique voile de dentelle, pareille à une madone ; les yeux rayonnants, elle fixait la tour de l'église Notre Dame, terme sacré de cette procession. Son mince visage illuminé par la joie et le désir, elle s'avançait sur le tapis de fleur, sans rien voir ni rien entendre de la pieuse agitation qui remplissait les rues. Son cœur était tout entier auprès du Sauveur qui l'attendait.
Malheur à celui qui scandaliserait un de ces petits ! Malheur à celui qui perd, quand son rôle est de protéger et de guider.
Alors une sorte d'éclair traverse l'âme du garçon ; sans même s'en rendre compte, il joint convulsivement les mains et murmure : "O mon Dieu ! Si vous voulez me sauver, ce sera sans doute par cette enfant !
Maria Goretti s'agenouille à sa place et cache son visage dans ses mains. Elle voudrait prier, présenter au Seigneur toutes les intentions auxquelles elle a songé cent fois pour cet instant, mais maintenant tout disparait en quelque sorte dans cet océan d'amour qui inonde son âme.
Durant le travail, durant le repos des soirs de fête, sur sa couche solitaire, Alessandro voyait sans cesse devant lui l'image de cette fillette. Elle lui apparaissait comme un être sacré devant lequel on ne peut que tomber à genoux et prier.
Il avait le pressentiment qu'un jour il se passerait quelque chose d'effroyable, mais quelque chose qu'on ne pouvait empêcher, pas plus qu'on ne peut empêcher la nuit d'éteindre le soleil.
Ecoute, j'ai encore quelque chose à te dire ! Je t'aime Marietta.
Au moment où elle se tournait vers la porte, Alessandro la saisit dans ses bras avec un cri presque bestial et pressa ses lèvres sur celles de Marietta. Cette furieuse passion entraina la fillette surprise dans un brûlant tourbillon où elle faillit sombrer.
La pauvre enfant se croyait souillée et violée.
Ma chère enfant, des épreuves semblables ou pires encore n'ont pas été épargnées à bien des saints. Quelques uns d'entre eux sont morts pour la pureté de leur cœur et peuvent être assimilés aux martyrs.
Prie pour lui, mon enfant, répétait sans cesse le prêtre. Mais, dans la mesure du possible, fuis sa compagnie, évite tout tête à tête avec lui !
Ce débauché jette la fillette sur son lit et essaie de lui arracher les habits par la force. Marietta ! Si tu te défends, je jure que je te tue !
Tu es fou ! gémit la fillette. Ce que tu veux faire est un péché, un péché mortel. Tu iras en enfer, si tu le fais. Plutôt la mort que le péché ! balbutie la fillette.
Le garçon enfonce alors à plusieurs reprises son arme redoutable dans le corps de la pauvre enfant. Marietta pousse un cri, mais malgré ses atroces souffrances, elle songe à retenir sur elle ses vêtements plus qu'à se préserver du poignard.
Enfin ce furieux s'arrête. Marietta s'échappe, en proie à une angoisse mortelle, elle se traine alors de la chambre, crie au secours, puis elle s'affaisse auprès de sa petite sœur. Alessandro ouvre à nouveau brusquement la porte, se précipite sur sa victime couverte de sang et lui plante encore six fois dans le dos son arme effrayante.
Livrez nous l'assassin ! criaient ils, fous de colère.
Qu'ils ne lui fassent pas de mal ! Qu'ils s'en aillent tous ! Mais ne laissez pas Alessandro s'approcher de moi. Il souffre sans doute plus que moi !
Non, non, je n'ai pas peur ! répondit la petite héroïne. Notre Seigneur est en moi et m'aide à souffrir.
Si, si, je lui pardonne pour l'amour de Jésus ! répondit la petite martyre. Il faut qu'au ciel il soit auprès de moi.
Ne pleurez pas, Assunta Goretti ; l'enfant que vous avez perdue sur la terre priera pour vous au ciel.
Sur sa tombe, on grava ses mots : 6 juillet 1902. Ici repose le corps virginal de l'héroïque fillette de 12 ans Maria Goretti.
Trois ans plus tard, la vieille femme avait le bonheur que, seule, connut avant elle, la mère de Saint Louis de Gonzague : le 21 juin 1950, elle put assister à la canonisation de sa fille.
Source : Père Hunermann