Dilexi Te, Pape Léon XIV 

Exhortation apostolique sur l'amour envers les pauvres

Quelques citations ou idées

"Je t'ai aimé" (AP, 3, 9) a dit le Seigneur à une communauté chrétienne qui n'avait ni importance ni ressources.

Cantique de Marie : "Il a renversé les puissants de leur trône et élevé les humbles. Il a comblé de bien les affamés, renvoyé les riches les mains vides (Luc, 1, 52-53). 

Contempler l'amour du Christ nous aide à être plus attentif aux souffrances et aux besoins des autres, nous rend assez fort pour participer à son œuvre de libération en tant qu'instruments de diffusion de son amour.

"Les pauvres, vous les aurez toujours avec vous" (Mt, 26, 8-11). 

La simplicité d'un geste révèle quelque chose de plus grand. Aucun geste d'affection, même le plus petit, ne sera oublié, surtout s'il est adressé à ceux qui sont dans la souffrance, la solitude, le besoin. 

"Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait" (Mt, 25, 40). 

"J'ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte. J'ai entendu son cri devant ses oppresseurs" (Ex 3, 7-8). En écoutant le cri du pauvre, nous sommes appelés à nous identifier au cœur de Dieu qui est attentif aux besoins de ses enfants, en particulier les plus démunis. 


L'illusion d'un bonheur qui découlerait d'une vie aisée pousse nombre de personnes à avoir une vision de l'existence axée sur l'accumulation de richesses et la réussite sociale à tout prix, y compris au détriment des autres et en profitant d'idéaux sociaux et de systèmes politico-économiques injustes qui favorisent les plus forts.

Chaque jour, plusieurs milliers de personnes meurent de causes liées à la malnutrition. 

Des règles économiques se sont révélées efficaces pour la croissance, mais pas pour le développement humain intégral. La richesse a augmenté, mais avec des inégalités. 

La pauvreté n'est pas, pour la plupart d'entre eux, un choix. Nous ne pouvons pas dire que la majorité des pauvres le sont parce qu'ils n'auraient pas acquis de "mérites". 


Dieu choisit les pauvres

Dieu est amour miséricordieux et son projet d'amour consiste avant tout à descendre parmi nous afin de nous libérer de l'esclavage, des peurs, du péché et du pouvoir de la mort. C'est précisément pour partager les limites et les fragilités de notre nature humaine qu'Il s'est fait Lui-même pauvre, qu'Il est né dans la chair comme nous, que nous l'avons connu dans la petitesse d'un enfant couché dans une mangeoire et dans l'humiliation extrême de la croix, là où il a partagé notre pauvreté radicale qui est la mort. 


4 appels majeurs

Les 121 paragraphes du texte déclinent 4 appels majeurs, qui engagent autant la conversion personnelle que les choix pastoraux et sociaux de l'Eglise. 

S'engager dans la charité concrète

1er appel : sortir de l'indifférence. Oublier les pauvres, c'est "sortir du courant vivant de l'Eglise". L'annonce de l'Evangile perd toute crédibilité si elle ne se traduit pas en gestes tangibles, visibles, assumés. Léon XIV consacre de longs développements à l'aumône, qu'il souhaite réhabiliter dans une culture tentée par l'abstraction ou la seule indignation verbale. Elle ne résoudra pas à elle seule la pauvreté mondiale mais "il vaut mieux faire quelque chose que de ne rien faire". L'aumône empêche de se réfugier dans les idées ; elle ouvre à la rencontre et transforme le cœur de celui qui donne autant que de celui qui reçoit. 

Refuser les idéologies de l'immobilisme

2ème appel : démasquer les fausses excuses. Dilexi te critique la tentation de séparer foi et engagement social, en laissant aux seuls gouvernants la responsabilité de la justice ou en réduisant la charité à un supplément d'âme. Le pape s'en prend aussi aux justifications d'un marché qui règlerait tout par des mécanismes automatiques. Léon XIV met en garde contre une pastorale tournée vers les élites ou les seuls décideurs. Une communauté qui délaisse les pauvres s'expose à la "mondanité spirituelle", faite de discours brillants mais stériles, et risque de perdre le sens même de sa mission. 

Transformer les structures injustes

3ème appel : agir sur les causes. Le pape évoque des "structures d'injustice" et un "péché social" qui traversent les systèmes économiques et culturels. La foi chrétienne ne peut être confinée à la sphère privée ; elle a une portée publique et engage la responsabilité citoyenne des fidèles. Il invite les chrétiens à faire entendre une voix qui réveille les consciences quitte à déranger ou à paraître naïfs. Parmi les priorités concrètes figurent l'accès à l'éducation "non une faveur mais un devoir", l'aide à l'emploi qu'il considère comme "l'aide la plus importante" pour une personne pauvre, et l'amélioration des conditions de logement et d'urbanisation. 

Revenir aux sources bibliques et ecclésiales

De l'Ancien testament au Christ, "Messie pauvre" né dans une mangeoire et proche des exclus, il rappelle qu'on ne peut aimer Dieu sans aimer les pauvres. L'option préférentielle pour les plus faibles n'est pas une invention récente, mais un fil rouge de la révélation. Les pauvres, conclut Léon XIV, ne sont pas une catégorie sociologique parmi d'autres : ils sont la chair même du Christ, un lieu théologique ou se joue la vérité de la foi. 

Source : Encyclique du Pape et Aleteia