Le courage de la foi, Abbé Cyril GORDIEN

Cherchez le Seigneur et sa force

Le Christ nous interroge : "M'aimes tu ?" Et nous lui répondons avec vérité, générosité, même si nous ne pouvons lui donner qu'un pauvre amour humain fragile. C'est lui qui fera le reste.

Le premier courage consiste à oser partir à la rencontre du Dieu vivant. Non, ce n'est pas ridicule de se mettre à genoux devant le Seigneur. Loin de nous abaisser, ce geste bien fait nous grandit. Parce que c'est la vocation de l'homme et sa grandeur que de reconnaître qu'il existe quelqu'un de plus grand que lui : Dieu, le Seigneur, le Christ.

Ce jeune est à l'heure des grands choix. Voilà que le Christ lui donne la possibilité de répondre à sa question sur la vie, d'avancer, de se donner davantage. Mais il n'ose pas franchir le pas. Pourquoi ? Quelque chose le retient : ses biens comptent plus que le Christ. A nous aussi le Seigneur pose une question : quelle est la richesse à laquelle nous sommes viscéralement attachés ? Viens et suis moi. Avançons nous avec confiance au pied du Seigneur ; posons lui la question qui nous préoccupe ; et répondons avec enthousiasme à son appel, il nous le rendra au centuple.

"Moi, je les connais" (Jean 10). Le Seigneur agit envers chacun comme s'il n'avait personne d'autre que nous à aimer ! Cette relation du Christ vis à vis de nous est absolument unique.

Jésus nous dit : "Mes brebis écoutent ma voix". C'est la seule voix qui compte vraiment."

Pour les gens, qui suis-je ?". Contre toutes les fausses opinions, Jésus nous invite à chercher vraiment qui il est. Pour cela, il faut passer du temps avec lui, en particulier dans la prière.

Qu'est ce que la foi ? 

"Pouvoir dire que l'on croit en Dieu est ... à la fois un don - Dieu se révèle, il vient à notre rencontre - et un engagement, une grâce divine et une responsabilité humaine, dans une expérience de dialogue avec Dieu qui, par amour, parle aux hommes comme à des amis".

Les dimensions de la foi
- La foi est la réponse de l'homme à Dieu qui se révèle. Certains ont une foi qui n'a pas atteint leur cœur. Il y a un moment donné où je dois me déterminer en faveur du Christ, le choisir Lui et pas un autre.

- La foi a un contenu qui ne dépend pas de moi. Je reçois Jésus tel qu'il est, tel qu'il se révèle. Ce n'est pas à moi de dire comment Jésus doit être. 

- La foi est un chemin à la suite du Christ. La foi n'est jamais définitivement acquise. 

*Notre foi est fragile, et elle a besoin d'être entretenue, affermie, raviver, approfondie.

*Pape Benoît XVI : "Vous devez connaître ce que vous croyez. Vous devez connaître votre foi avec la même précision avec laquelle un spécialiste en informatique connait le système d'exploitation d'un ordinateur.

Un cœur grand ouvert

Avoir un cœur grand ouvert ne veut pas dire tout accepter. Saint Paul encourage les chrétiens à ne pas céder " à tout vent de doctrines" et à rester fermement attachés au Christ et à son enseignement.

Interprétation des Ecritures

" Alors, il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des écritures".

2 critères :
- Nécessité de la lecture ecclésiale de la Bible
- Cohérence et unité de toute l'Ecriture. Le Christ part de la loi de Moïse, des Prophètes et des psaumes pour montrer aux disciples comment sa passion, sa mort et sa résurrection étaient annoncées et préfigurées.

Trinité
La trinité est un mystère central de notre foi que nous pouvons contempler.

Aucun homme n'a pu inventer un tel mystère, parce que cela ne vient pas de l'homme, mais cela lui est donné par Dieu, c'est la grande révélation qui traverse toute la Bible et qui cumine dans ce verset lumineux de Saint Jean : Dieu est amour. Et parce qu'il est amour, il y a quelqu'un en lui qui aime, quelqu'un qui est aimé, et quelqu'un qui est l'amour qui les unit. C'est cela la Trinité...

Un amour éternel qui ne faut que se donner, totalement : le Père. Un amour éternel qui reçoit tout du Père : le Fils. Un amour éternel qui unit le Père et le Fils : l'Esprit Saint.

Il n'est rien qui advienne sans que les 3 personnes divines soient présentes. C'est pour cela que nous faisons notre signe de croix. Dieu n'est pas une solitude infinie mais une communion de personnes.

Il y a des miroirs de la Trinité sur notre terre, dont le plus éclatant est la famille. La famille est appelé à refléter la beauté et la communion des personnes divines entre elles.

Saint Ephrem nous invite à prendre comme symbole du Père, le soleil ; comme symbole du Fils, la lumière, et comme symbole de l'Esprit Saint la chaleur.

Une rencontre personnelle

Le christianisme ne se réduit pas à une morale. Notre foi s'enracine dans la rencontre personnelle avec une personne divine, le Christ ressuscité.

Le Christ est celui qui nous libère. Il nous libère du poids de nos souffrances, de toutes ces épreuves qui pèsent sur nos épaules. Il nous libère surtout du poids de nos péchés.

Le Christ s'avance humblement auprès de notre âme, il frappe à la porte de notre cœur.

Depuis le premier péché, l'homme se fait de fausses idées sur Dieu. Face à cette ignorance, Dieu nous révèle son vrai visage. Il n'est pas un Dieu vengeur mais un Dieu dont l'amour est infiniment miséricordieux. Il n'est pas un Dieu indifférent mais un Dieu qui aime jusqu'à donner sa vie pour nous sauver. Il n'est pas un Dieu qui oblige, mais un Dieu dont l'amour rend libre.

La source de l'amour

L'amour a une source : le Christ. La belle image de la vigne est très significative. Pour produire du fruit, le sarment doit être fixé sur la vigne et être ainsi nourri de sa sève. De même, pour pouvoir aimer en acte et en vérité, le chrétien doit être fixé au Christ et être ainsi nourri de sa sève, l'amour qui jaillit de son cœur.

Le Christ n'a cessé d'aimer. Il est allé jusqu'au bout de l'amour, jusqu'au don de sa vie pour que tous, nous puissions être sauvé du mal, de la mort et du péché.

Ce n'est pas parce que le Christ est monté aux Cieux que nous ne pouvons plus recevoir son amour. Ce cœur continue d'être brûlant d'amour, et nous pouvons recevoir cet amour en écoutant sa parole, en prenant le temps de la prière, en adorant le Saint Sacrément, et surtout grâce aux sacrements.

Le sacrement du pardon
Un chrétien pratiquant qui veut vraiment vivre sa foi devrait se confesser tous les mois ou, minimum tous les deux mois.

L'amour de Dieu est plus fort que nos péchés. Le Christ nous prend par la mains, si bien que nous avons toujours la possibilité de nous relever.

Jésus dit "En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire". Combien de choses ai je voulu faire sans le Christ, avec mes propres forces ? Tout cela est vain sans le secours de Dieu, tout cela ne peut pas tenir si je ne tiens pas en main le bâton que me donne le Seigneur pour m'appuyer sur lui.

La prière
"Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait". Pour prier, il n'y a pas besoin de techniques particulières. Il suffit de répéter ce petit verset de l'Evangile en s'imaginant Jésus en train de prier.

La prière, c'est une rencontre avec le Christ, en présence du Père. La prière, c'est être avec Dieu, lui parler et surtout le laisser parler. C'est tout.

La seule chose dont nous avons besoin, c'est un peu de volonté pour décider de prier et prendre le temps de le faire.

Dans le silence, Dieu nous fait du bien, il transforme nos cœurs. Voilà pourquoi la prière est si essentielle : nous donnons du temps à Dieu pour lui permettre d'agir en nous en lui ouvrant les portes de notre âme."

Occupez vous à considérer qu'il vous regarde, et qu'il n'attend de vous qu'un regard", Sainte Thérèse d'Avila.

La contemplation
Nous sommes appelés à regarder le Christ dans sa lumière, dans sa beauté. L'homme reflète ce qu'il contemple et, mieux encore, il devient ce qu'il contemple.


Celui qui passe du temps à contempler le Christ finit par ressembler au Christ. Combien de saints ont fait cette expérience !

La prière est l'arme puissante de celui qui veut lutter contre le démon. "Il y a des démons qui ne peuvent se chasser que par le jeûne et la prière" dit Jésus.
Dans les moments d'épreuve, de tentation, tournez vous vers Dieu, avec confiance, avec ardeur. Il vous répondra, c'est une certitude de foi : le Seigneur écoute ceux qui crient vers lui jour et nuit.

La volonté

Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.
Souvent, nous exigeons des choses du Seigneur.

Les grâces divines ne s'achètent pas à force de prières bien faites ou de bonnes actions. Le Seigneur qui nous a créés sait mieux que nous ce dont nous avons besoin.

Le Bon Dieu ne rejette jamais nos prières, il les reçoit. Il les exauce d'une manière qui ne correspond pas forcément à nos attentes. Acceptons de ne pas toujours tout comprendre.

L'humilité

Engager son intelligence dans l'acte de foi est nécessaire mais suppose une attitude essentielle : celle de l'humilité. C'est pour cela que Jésus évoque cette parabole du serviteur inutile, juste après la demande des disciples sur la foi. Nous sommes des débiteurs devant Dieu, toujours. Nous lui devons tout, et lui ne nous doit rien. N'inversons pas les rôles. Le danger pour nous consiste à exiger des choses de Dieu en entretenant une mentalité du "donnant-donnant"... Nous sommes des serviteurs inutiles ; en servant Dieu, nous ne faisons que notre devoir.

Entrons dans ce chemin d'abaissement pour être élevés par le Seigneur. C'est devant Dieu que le chrétien s'abaisse. Sainte Thérèse de Lisieux cherchait avec ardeur le chemin de la sainteté. Elle voulait lutter contre son orgueil et ses faiblesses. En méditant les Saintes Ecritures, elle découvrit qu'il fallait se faire tout petit, humble pour laisser le Seigneur nous élever vers lui. Elle écrivit, pleine de joie : "L'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela, je n'ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus".

Source : Le courage de la foi, Abbé Cyril GORDIEN