Le courage de la foi, Abbé Cyril GORDIEN
1. Cherchez le Seigneur et sa force
Le Christ nous interroge : "M'aimes tu ?" Et nous lui répondons avec vérité, générosité, même si nous ne pouvons lui donner qu'un pauvre amour humain fragile. C'est lui qui fera le reste.
Le premier courage consiste à oser partir à la rencontre du Dieu vivant. Non, ce n'est pas ridicule de se mettre à genoux devant le Seigneur. Loin de nous abaisser, ce geste bien fait nous grandit. Parce que c'est la vocation de l'homme et sa grandeur que de reconnaître qu'il existe quelqu'un de plus grand que lui : Dieu, le Seigneur, le Christ.
Ce jeune est à l'heure des grands choix. Voilà que le Christ lui donne la possibilité de répondre à sa question sur la vie, d'avancer, de se donner davantage. Mais il n'ose pas franchir le pas. Pourquoi ? Quelque chose le retient : ses biens comptent plus que le Christ. A nous aussi le Seigneur pose une question : quelle est la richesse à laquelle nous sommes viscéralement attachés ? Viens et suis moi. Avançons nous avec confiance au pied du Seigneur ; posons lui la question qui nous préoccupe ; et répondons avec enthousiasme à son appel, il nous le rendra au centuple.
"Moi, je les connais" (Jean 10). Le Seigneur agit envers chacun comme s'il n'avait personne d'autre que nous à aimer ! Cette relation du Christ vis à vis de nous est absolument unique.
Jésus nous dit : "Mes brebis écoutent ma voix". C'est la seule voix qui compte vraiment."
Pour les gens, qui suis-je ?". Contre toutes les fausses opinions, Jésus nous invite à chercher vraiment qui il est. Pour cela, il faut passer du temps avec lui, en particulier dans la prière.
Qu'est ce que la foi ?
"Pouvoir dire que l'on croit en Dieu est ... à la fois un don - Dieu se révèle, il vient à notre rencontre - et un engagement, une grâce divine et une responsabilité humaine, dans une expérience de dialogue avec Dieu qui, par amour, parle aux hommes comme à des amis".
Les dimensions de la foi
- La foi est la réponse de l'homme à Dieu qui se révèle. Certains ont une foi qui n'a pas atteint leur cœur. Il y a un moment donné où je dois me déterminer en faveur du Christ, le choisir Lui et pas un autre.
- La foi a un contenu qui ne dépend pas de moi. Je reçois Jésus tel qu'il est, tel qu'il se révèle. Ce n'est pas à moi de dire comment Jésus doit être.
- La foi est un chemin à la suite du Christ. La foi n'est jamais définitivement acquise.
*Notre foi est fragile, et elle a besoin d'être entretenue, affermie, raviver, approfondie.
*Pape Benoît XVI : "Vous devez connaître ce que vous croyez. Vous devez connaître votre foi avec la même précision avec laquelle un spécialiste en informatique connait le système d'exploitation d'un ordinateur.
Un cœur grand ouvert
Avoir un cœur grand ouvert ne veut pas dire tout accepter. Saint Paul encourage les chrétiens à ne pas céder " à tout vent de doctrines" et à rester fermement attachés au Christ et à son enseignement.
Interprétation des Ecritures
" Alors, il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des écritures".
2 critères :
- Nécessité de la lecture ecclésiale de la Bible
- Cohérence et unité de toute l'Ecriture. Le Christ part de la loi de Moïse, des Prophètes et des psaumes pour montrer aux disciples comment sa passion, sa mort et sa résurrection étaient annoncées et préfigurées.
Trinité
La trinité est un mystère central de notre foi que nous pouvons contempler.
Aucun homme n'a pu inventer un tel mystère, parce que cela ne vient pas de l'homme, mais cela lui est donné par Dieu, c'est la grande révélation qui traverse toute la Bible et qui cumine dans ce verset lumineux de Saint Jean : Dieu est amour. Et parce qu'il est amour, il y a quelqu'un en lui qui aime, quelqu'un qui est aimé, et quelqu'un qui est l'amour qui les unit. C'est cela la Trinité...
Un amour éternel qui ne faut que se donner, totalement : le Père. Un amour éternel qui reçoit tout du Père : le Fils. Un amour éternel qui unit le Père et le Fils : l'Esprit Saint.
Il n'est rien qui advienne sans que les 3 personnes divines soient présentes. C'est pour cela que nous faisons notre signe de croix. Dieu n'est pas une solitude infinie mais une communion de personnes.
Il y a des miroirs de la Trinité sur notre terre, dont le plus éclatant est la famille. La famille est appelé à refléter la beauté et la communion des personnes divines entre elles.
Saint Ephrem nous invite à prendre comme symbole du Père, le soleil ; comme symbole du Fils, la lumière, et comme symbole de l'Esprit Saint la chaleur.
Une rencontre personnelle
Le christianisme ne se réduit pas à une morale. Notre foi s'enracine dans la rencontre personnelle avec une personne divine, le Christ ressuscité.
Le Christ est celui qui nous libère. Il nous libère du poids de nos souffrances, de toutes ces épreuves qui pèsent sur nos épaules. Il nous libère surtout du poids de nos péchés.
Le Christ s'avance humblement auprès de notre âme, il frappe à la porte de notre cœur.
Depuis le premier péché, l'homme se fait de fausses idées sur Dieu. Face à cette ignorance, Dieu nous révèle son vrai visage. Il n'est pas un Dieu vengeur mais un Dieu dont l'amour est infiniment miséricordieux. Il n'est pas un Dieu indifférent mais un Dieu qui aime jusqu'à donner sa vie pour nous sauver. Il n'est pas un Dieu qui oblige, mais un Dieu dont l'amour rend libre.
La source de l'amour
L'amour a une source : le Christ. La belle image de la vigne est très significative. Pour produire du fruit, le sarment doit être fixé sur la vigne et être ainsi nourri de sa sève. De même, pour pouvoir aimer en acte et en vérité, le chrétien doit être fixé au Christ et être ainsi nourri de sa sève, l'amour qui jaillit de son cœur.
Le Christ n'a cessé d'aimer. Il est allé jusqu'au bout de l'amour, jusqu'au don de sa vie pour que tous, nous puissions être sauvé du mal, de la mort et du péché.
Ce n'est pas parce que le Christ est monté aux Cieux que nous ne pouvons plus recevoir son amour. Ce cœur continue d'être brûlant d'amour, et nous pouvons recevoir cet amour en écoutant sa parole, en prenant le temps de la prière, en adorant le Saint Sacrément, et surtout grâce aux sacrements.
Le sacrement du pardon
Un chrétien pratiquant qui veut vraiment vivre sa foi devrait se confesser tous les mois ou, minimum tous les deux mois.
L'amour de Dieu est plus fort que nos péchés. Le Christ nous prend par la mains, si bien que nous avons toujours la possibilité de nous relever.
Jésus dit "En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire". Combien de choses ai je voulu faire sans le Christ, avec mes propres forces ? Tout cela est vain sans le secours de Dieu, tout cela ne peut pas tenir si je ne tiens pas en main le bâton que me donne le Seigneur pour m'appuyer sur lui.
La prière
"Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait". Pour prier, il n'y a pas besoin de techniques particulières. Il suffit de répéter ce petit verset de l'Evangile en s'imaginant Jésus en train de prier.
La prière, c'est une rencontre avec le Christ, en présence du Père. La prière, c'est être avec Dieu, lui parler et surtout le laisser parler. C'est tout.
La seule chose dont nous avons besoin, c'est un peu de volonté pour décider de prier et prendre le temps de le faire.
Dans le silence, Dieu nous fait du bien, il transforme nos cœurs. Voilà pourquoi la prière est si essentielle : nous donnons du temps à Dieu pour lui permettre d'agir en nous en lui ouvrant les portes de notre âme."
Occupez vous à considérer qu'il vous regarde, et qu'il n'attend de vous qu'un regard", Sainte Thérèse d'Avila.
La contemplation
Nous sommes appelés à regarder le Christ dans sa lumière, dans sa beauté. L'homme reflète ce qu'il contemple et, mieux encore, il devient ce qu'il contemple.
Celui qui passe du temps à contempler le Christ finit par ressembler au Christ. Combien de saints ont fait cette expérience !
La prière est l'arme puissante de celui qui veut lutter contre le démon. "Il y a des démons qui ne peuvent se chasser que par le jeûne et la prière" dit Jésus.
Dans les moments d'épreuve, de tentation, tournez vous vers Dieu, avec confiance, avec ardeur. Il vous répondra, c'est une certitude de foi : le Seigneur écoute ceux qui crient vers lui jour et nuit.
La volonté
Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.
Souvent, nous exigeons des choses du Seigneur.
Les grâces divines ne s'achètent pas à force de prières bien faites ou de bonnes actions. Le Seigneur qui nous a créés sait mieux que nous ce dont nous avons besoin.
Le Bon Dieu ne rejette jamais nos prières, il les reçoit. Il les exauce d'une manière qui ne correspond pas forcément à nos attentes. Acceptons de ne pas toujours tout comprendre.
L'humilité
Engager son intelligence dans l'acte de foi est nécessaire mais suppose une attitude essentielle : celle de l'humilité. C'est pour cela que Jésus évoque cette parabole du serviteur inutile, juste après la demande des disciples sur la foi. Nous sommes des débiteurs devant Dieu, toujours. Nous lui devons tout, et lui ne nous doit rien. N'inversons pas les rôles. Le danger pour nous consiste à exiger des choses de Dieu en entretenant une mentalité du "donnant-donnant"... Nous sommes des serviteurs inutiles ; en servant Dieu, nous ne faisons que notre devoir.
Entrons dans ce chemin d'abaissement pour être élevés par le Seigneur. C'est devant Dieu que le chrétien s'abaisse. Sainte Thérèse de Lisieux cherchait avec ardeur le chemin de la sainteté. Elle voulait lutter contre son orgueil et ses faiblesses. En méditant les Saintes Ecritures, elle découvrit qu'il fallait se faire tout petit, humble pour laisser le Seigneur nous élever vers lui. Elle écrivit, pleine de joie : "L'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela, je n'ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus".
La prière
Benoît XVI : "Celui qui prie ne perd pas son temps, même si la situation apparait réellement urgente et semble pousser uniquement à l'action... Le temps consacré à Dieu dans la prière non seulement ne nuit pas à l'efficacité ni à l'activité de l'amour envers le prochain, mais en est en réalité la source inépuisable".
Le travail
Cela change tout, si, au lieu de subir son travail et de peiner, on en fait un moyen, en l'offrant au Seigneur, pour grandir en sainteté. "Tout travail doit être lui aussi une prière personnelle ; il doit devenir une conversation avec notre Père du Ciel" (Saint Josemaria).
Se laisser conduire
Souvent, nous voulons tout maitriser, tout décider, tout contrôler... Parce que nous pensons que nous y arriverons mieux sans mêler la religion à nos affaires courantes. Le Seigneur est à nos côtés, si nous le laissons entrer dans la voiture de notre vie ; mais nous pouvons faire plus : le laisser conduire notre vie, et alors nous sommes sûrs de parvenir au Ciel.
Dieu en premier
Ayez d'abord le souci de Dieu dans votre vie et Dieu prendra soin de vos soucis.
Je choisis de donner de mon temps précieux à la prière, puis je travaille.
Tant que nous donnons pas la priorité à Dieu dans nos vies, tout part dans tous les sens.
La foi en la Providence me libère de l'anxiété, des soucis inutiles, de la peur du lendemain, parce que j'aurai mis le Seigneur à la première place.
L'eucharistie
Le sens de la messe dépasse infiniment la beauté des chants ou la qualité des rencontres qu'on peut y faire, même si, bien sûr, ces différents aspects ont leur importance.
Jésus nous rappelle le cœur de toute eucharistie : "Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du Ciel ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie".
En communiant, nous recevons la vue divine en nous.
Sainte Thérèse d'Avila : "L'eucharistie est le plus grand de tous les miracles du Christ". Tellement grand que Sainte Térèse d'Availa avait décrit les 9 merveilles de l'eucharistie. En voici trois :
- Le temps est comme court-circuité. Le sacrifice de la croix nous est rendu présent. Nous vivons cet instant décisif du salut de l'humanité, où le Christ, ayant aimé les siens, les aima jusqu'au bout.
- La transsubstantation. L'eucharistie défie nos sens : ce que nous voyons, ce que nous goûtons n'est pas du pain, c'est le corps très saint de notre Seigneur.
- La communion. Ce n'est pas nous qui assimilons le Christ, mais c'est nous qui devenons le Christ. Nous sommes de plus en plus rendus semblable au Christ qui nous transforme, de l'intérieur, qui nous divinise.
2. Le courage de la sainteté
L'aujourd'hui de Dieu
Dans le domaine de la conversion, nous sommes les champions de la procrastination. Or, dans l'Evangile, notre Seigneur n'attend pas. Le kairos de Dieu appelle la réponse et l'engagement de l'homme.
Sainte Thérèse de Lisieux : "Ma vie n'est qu'un seul jour qui m'échappe et qui fuit. Tu le sais, ô mon Dieu ! Pour t'aimer sur la terre je n'ai rien qu'aujourd'hui".
Veillez
Attention à la tiédeur spirituelle qui s'insinue dans l'âme de manière sournoise, comme le ver dans le fruit. On néglige la prière qui finit par disparaître, puis on ne va plus se confesser, on s'habitue à tel péché qui nous choque plus, on manque de temps à autre la messe le dimanche, en se disant que le Seigneur comprendra... Le Seigneur comprend surtout que nous nous laissons aller, c'est pourquoi, il nous dit avec force : Veillez !
La France attend le passage des saints
Sois un bâtisseur. Des milliers d'hommes individualistes vivant côte à côte ne font pas un peuple. Il y manque une âme forgée par le souci des autres et le sens du sacrifice, une âme façonnée par les générations qui l'ont pétrie de leur humanité. C'est cette âme là que tu dois retrouver pour servir ta patrie, l'âme française qui a donné des héros et des saints.
Le service de la patrie s'inscrit dans l'obéissance au 4ème commandement : "Honore ton père et ta mère". Celui qui veut aimer son pays reçoit aussi des devoirs. L'amour et le service de la patrie ne se résument pas à n'acheter que du made in France. Vois loin et vise haut pour toi, ta famille, ton pas. Lutte pour que les lois qui sont votées ne portent pas atteinte à la vérité de la loi morale voulue par le Créateur.
A chaque période où la France devait se relever, notre Seigneur a fait se lever sur la terre des saints dont elle avait besoin. "Il y a grande pitié au Royaume de France" disait Jeanne d'Arc ! A nouveau aujourd'hui, la France attend le passage de Saints.
Appelés à la sainteté
En se révélant, Dieu révèle aussi la grandeur de la vocation de l'homme. Nous sommes appelés à la sainteté, qui que nous soyons. Il n'y a pas de recette unique ! Qu'est-ce que la sainteté ? Bien faire ce que nous avons à faire. Remplir d'amour les tâches de la vie quotidienne. On ne devient pas saint malgré nos occupations quotidiennes mais grâce à elles. La sainteté n'est pas un idéal inaccessible. Le saint n'est pas celui qui est parfait, mais c'est celui qui reconnait ses faiblesses et ses limites et vient puiser sans cesse à la miséricorde de Dieu.
Chacun reçoit en mesure ce qu'il peut donner, selon ses propres capacités. Le Seigneur nous connait, il sait mieux que nous ce dont nous avons besoin. Ayons confiance en ce que Dieu nous donne. Regarde votre cœur, voyez ce que vous pouvez donner autour de vous, cela n'a pas de prix.
Le regard de Dieu
Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur.
Voyez les saints. Sainte Bernadette, qui est elle aux yeux des hommes ? Rien. Elle ne sait même pas écrire. Et pourtant, quelle fécondité, quelle grandeur d'âme et de cœur, quelle courage au cœur de la maladie lorsqu'elle s'écrie : "O mon Jésus, soyez ma force et ma vertu !".
Le bienheureux pape Jean Paul II, à la fin de da vie, qui est-il aux yeux des hommes ? Rien. Un pauvre vieillard détruit par la maladie, qui ne peut même plus parler, et que l'on est obligé de pousser dans un fauteuil roulant. De nombreuses voix s'élevaient alors, même parmi les chrétiens, pour demander sa démission. Et pourtant. Quelle fécondité, quel rayonnement ! C'est ici que l'on comprend la parole de Saint Paul :"Ma puissance se déploie dans la faiblesse". Nous, nous regardons sans cesse les apparences, l'adresse, l'étiquette, les titres, le CV. Nous considérons la façade plutôt que le cœur. Chers jeunes, "vous valez ce que vaut votre cœur" disait Jean Paul II.
Ne gardez rien pour vous
Permettez à Dieu d'agir dans toutes les dimensions de votre vie, ne gardez rien pour vous ! Que sa lumière vienne tout éclairer dans nos vies.
Donne au Seigneur votre vie qu'il vous a donnée, votre être tout entier, corps et âme. La difficulté, c'est que nous voulons tout garder, tout posséder.
Le Seigneur nous dit : donne moi ce que tu as de plus précieux, j'en serai le gardien.
L'amour
Nous aimer nous même comme le Christ nous aime. S'aimer soi même comme un être créé à l'image de Dieu. Alors, nous pourrons aimer Dieu en le mettant à la première place. "Dieu premier servi" disait Jeanne d'Arc.
Il n'y a pas de demi-mesure. Jésus nous appelle à l'aimer de tout notre être, cœur, âme, esprit, force. Parce que lui n'a pas aimé à moitié. Il est allé jusqu'au bout de l'amour.
"Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime".
Aimez le bon Dieu, montre lui par de beaux gestes que vous l'aimez. La foi n'est pas simplement une adhésion froide de l'intelligence, mais elle suppose l'engagement de la volonté qui passe aussi par des élans d'amour et d'affection. Dieu veut notre cœur.
La mort à soi-même
"Si le grain de blé tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruits" (Jean, 12, 24).
Renoncer à soi-même signifie se dépouiller de ses mauvaises habitudes. Cela veut dire se vider de son amour-propre, de son moi autocentré. Et pour cela il faut du temps, car certains défauts sont tellement ancrés en nous qu'on a l'impression qu'ils sont entrés dans le sang.
Ne nous gonflons pas d'orgueil, ne nous regardons pas trop, mais soyons généreux, pensons aux autres, oublions nous un peu.
Apprenons à savoir renoncer à nous-même, pour le bien d'autrui ; apprenons à supporter telle contrariété pour le bien d'autrui.
Le péché
Plus je perçois l'amour fou de Jésus pour moi, plus je comprends dans ma vie que le péché porte atteinte à cet amour de Dieu.
La relation qui nous unit à notre Seigneur est une relation d'amour qu'il faut préserver, entretenir comme un un trésor.
Le péché est un acte qui porte atteinte à cette relation d'amour, qui vient l'attaquer.
Lorsque nous disons non au péché, nous manifestons notre profond désir d'aimer le Christ, de le suivre.
Se repentir signifie reconnaitre sa faute et désirer changer de conduite. Cela demande de l'humilité parce que ce n'est pas facile de se reconnaitre pécheur, et du courage, parce qu'il faut oser demander pardon et désirer changer.
Quand on lui parlait de sainteté, Sainte Bernadette répondait : "Oh que je n'aime pas quand on présente les saints comme des personnes qui n'ont jamais fait de péchés. On ferait mieux de montrer avec quelle ardeur ils ont voulu se corriger".
Le démon nous tente d'abord par de petites choses. Il commence par des choses légères pour nous conduire ensuite à des choses graves, au fur et à mesure que notre conscience morale s'endort. Il sait parfaitement s'adapter à chacun, en fonction de ce à quoi nous sommes le plus sensibles. Celui qui croit qu'il peut affronter le démon par ses propres forces se trompe. Nous avons pour cela besoin du Christ et de la Sainte Vierge.
La Loi
Ce que Jésus nous demande, c'est notre cœur, c'est pratiquer la Loi de l'intérieur, et non pas de manière extérieure, formelle. L'accomplissement parfait de la Loi se réalise dans l'harmonie du cœur et des actes. Notre intériorité doit être imprégnée de l'amour de Dieu.
La radicalité évangélique
"Si ta main t'entraine au péché, coupe là" ! Les paroles sévères de Jésus nous exhortent à la radicalité évangélique. La radicalité signifie littéralement revenir aux racines. Car l'enjeu de ce combat, c'est la vie éternelle, c'est le salut de l'âme. Il s'agit de lutter contre le mal avec détermination, sans compromission, de lutter contre tous les scandales, contre tout ce qui fait tomber.
Laissez le Christ poser sur soi un regard d'amour
Le regard de jésus est un regard qui aime, qui grandit, qui élève. Laissez le Christ poser sur vous ce regard d'amour, ce regard qui pardonne. C'est toujours ainsi que vous devez aller vous confesser : en étant sûrs que le Christ pose sur vous un tel regard, quels que soient vos péchés. Lorsque vous allez vous confesser, soyez toujours sûrs que vous n'aller pas devant un juge sévère, qui chercherait à vous condamner.
Vous êtes devant votre Créateur, qui vous aime et qui n'a qu'un désir : vous donner son pardon, signe de son amour infini.
Le jeûne
Il a au moins deux finalités :
- effort imposé au corps pour lui redonner sa juste place. Ce n'est pas à notre corps de nous imposer ses désirs, mais c'est à notre âme de décider ce qui est bon et juste.
- manière de s'unir au Christ qui a souffert pour nous. La faim ressentie est une participation, même faible, au don du Christ qui est allé jusqu'au bout, et une pénitence comme signe concret de notre désir de conversion.
Quand une chose m'obsède au point de ne plus trouver le temps pour prier, alors c'est une richesse dont je dois me détacher pour grandir dans ma foi. Si je renonce, c'est pour m'élever, c'est à dire pour un plus grand bien.
Pureté et transparence de l'intériorité
L'âme grande, c'est celle qui sait rester pure, et qui mène le bon combat de la chasteté. Recherche toujours, sans te décourager, ce qui fait l'âme grande, car il y a des choses, des actes, des situations, des décisions qui font l'âme petite, vile et misérable.
Nous faisons tous l'expérience que notre amour a besoin d'être purifié. Pourquoi ? Parce qu'il y a en nous des germes de corruption, depuis le péché origine, qu'il nous faut combattre et qui viennent empêcher le développement d'un amour authentique.
Le courage de s'engager
C'est cela qui fait la grandeur de l'homme : être capable de s'engager, et d'engager sa vie sur une parole donnée.
On pense parfois qu'une promesse donnée, pour toute la vie, fait perdre la liberté. En réalité, c'est le contraire qui s'accomplit. Si je tourne sans cesse autour du rond point, sans jamais m'engager dans une direction donnée, oui je peux encore tout choisir, mais je ne suis pas libre. En revanche, si je décide d'arrêter de tourner autour du rond point pour m'engager dans une direction précise, alors je peux accélérer, et avancer en pleine liberté.
Dire oui
Dire oui à Dieu donne la joie : c'est la béatitude de la foi même s'il peut y avoir une part d'obscurité. On ne peut pas tout maitriser. Dieu oui à Dieu suppose de lui faire confiance, d'accepter de se remettre entre ses mains, de s'abandonner à lui, de lâcher ses sécurités.
Dire oui au Seigneur suppose d'accepter par avance ce qu'il nous demandera. Je sais que je pourrai y arriver grâce à Dieu, grâce à la force qu'il me donnera pour avancer. La foi est faite de courage.
Dire oui au Seigneur donne l'assurance d'aller jusqu'au bout, parce que c'est notre Seigneur qui nous porte.
Le mariage
C'est le trésor de l'amour qui se donne à l'être aimé, chaque jour, toujours un peu plus. C'est le trésor d'un amour qui, pour grandir et se fortifier, est fait de mille sacrifices et renoncements. C'est le trésor d'un amour scellé devant Dieu par une parole qui n'a jamais été reprise.
Le sacrement du mariage n'est pas un idéal impossible à atteindre, mais il est une réalité magnifique capable de porter l'amour humain pour lui faire atteindre les sommets.
Le mariage est un don précieux pour la famille, comme un berceau dans lequel elle peut grandir et être protégée.
Si vous entendez sa voix !
Certains sont appelés par le Seigneur pour donner leur vie dans le sacerdoce ou dans la vie consacrée. Il ne peut en être autrement, c'est une promesse divine : "Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur, qui vous feront paître avec intelligence et prudence".
Quelles sont les peurs liées à l'appel du Dieu ?
- la peur que le Seigneur m'empêchent d'être ce que je suis. Les prêtres et les personnes consacrées ne sont pas des extraterrestres ! Certes, ils se consacrent totalement au Seigneur et, en faisant ce choix libre, ils s'engagent à la suite du Christ, en particulier dans le célibat. Mais ce choix de vie ne les transforme pas en des êtres désincarnés qui se couperaient du monde. La vocation n'anéantit pas l'histoire et la personnalité de chacun, mais c'est dans ce terreau du développement personnel que s'enracine l'appel du Seigneur.
- la peur de ne pas être à la hauteur de la mission. Soyez rassurés : le Seigneur n'appelle pas les meilleurs, ni les parfaits. Il ne faut pas attendre de se sentir meilleur pour répondre, sinon on ne répondra jamais ! Cette peur est légitime, mais elle ne doit pas paralyser ceux qui la ressentent. Pour cela, il faut faire confiance en Dieu et s'appuyer indéfectiblement sur lui.
Jésus voit nos faiblesses, nos limites, mais il comptes sur nous. En particulier sur les prêtres, pauvres pêcheurs, dont il fait des pêcheurs d'homme.
La vie consacrée
Le monde a besoin de moines et de religieuses qui se consacrent totalement au Seigneur, dans le silence et la prière. L'Eglise a deux poumons ! Il ne suffit pas qu'il y ait des prêtres, il ne suffit pas qu'il y ait des fidèles engagés, encore faut il qu'il y ait des personnes consacrées qui vivent à l'écart du monde, pour porter les autres dans la prière.
Le don du sacerdoce
Le peuple chrétien ne peut pas vivre sans le don du sacerdoce. Ce n'est pas une invention humaine, c'est la volonté de Dieu que la mission de son Fils soit perpétuée par les prêtres qu'il s'est choisis.
L'Eglise a besoin de prêtres pour servir et guider sans relâche le peuple de Dieu, sous la conduite de l'Esprit Saint ; pour proclamer la Parole de Dieu et annoncer l'Evangile ; pour célébrer avec foi les mystères du Christ dans les sacrements ; pour porter avec courage la charge de la prière, s'unir toujours davantage au christ, et se consacrer à Dieu pour le salut de tous.
Deux dangers :
- Se faufiler par une porte dérobée, en voulant plaire à l'opinion publique, en cédant devant les pressions de ceux qui ne veulent pas entendre la vérité sur le message de Jésus, en suivant le courant dominant.
- Se servir du sacerdoce comme un moyen pour devenir quelqu'un d'important, avec de nombreuses connaissances ou relations.
Célébrer l'Eucharistie
Chaque fois que je m'avance pour célébrer la sainte messe : je m'approche de l'autel, du lieu sacré où le Seigneur se donne à nous, et c'est alors que la joie du Seigneur comble mon cœur.
Quel bonheur et quelle joie immense d'être prêtre de Jésus Christ ! Cela vaut la peine de tout quitter pour répondre à son appel.
Comme prêtre, je deviens le serviteur de votre joie, selon une belle expression de Saint Paul mise en lumière par benoit XVI : "Cette joie du Seigneur, nous la trouvons lorsque nous avons le courage de nous laisser embraser par son message. Et lorsque nous l'avons trouvée, nous pouvons enflammer les autres, car nous sommes alors les serviteurs de la joie dans un monde de mort ".
Le courage des femmes
Quand tout est perdu, ce sont toujours les femmes qui portent la flamme de l'espérance. Les femmes ont en elles une force morale qui donne la capacité d'affronter des situations que les hommes jugent souvent sans issue.
L'histoire sainte nous l'enseigne avec de belles figures, comme Judith ou Holopherne.
Et la Sainte Vierge Marie. Quand les apôtres ont fui, ne voyant sur la croix qu'un désastre, Marie gardait dans son cœur la promesse de l'ange Gabriel, et savait percevoir dans la foi que la croix sur laquelle était cloué son divin Fils deviendrait son trône royal.
L'histoire de France nous enseigne aussi que la femme porte l'espérance au cœur de situations dramatiques. Que l'on songe à Sainte Geneviève, qui a sauvé Paris, alors que tous les hommes avaient fui, terrorisés devant l'arrivée du barbare Attila. Que l'on se souvienne aussi, bien sûr, de Sainte Jeanne d'Arc qui a porté la lumière de l'Evangile dans les évènements complexes de l'histoire.
Le rôle des femmes est déterminant pour l'éclosion des vocations sacerdotales. Beaucoup de prêtres doivent leur vocation à leur mère, qui a prié pour cela, et qui a accepté de donner son fils au Seigneur. Beaucoup de prêtres doivent aussi leur vocation à telle jeune fille qui a accepté de s'effacer devant un appel fort du Seigneur.
Etre le premier
"Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier et le serviteur de tous". Vouloir être le premier ne doit pas se faire au détriment des autres, mais au contraire en leur faveur.
Il ne s'agit pas de dominer mais de servir. Etre le serviteur de tous, c'est vouloir élever les autres, les rendre grands, leur révéler leur valeur et leurs talents.
Ce qui fait l'âme grande
L'âme grande possède un grand cœur, un cœur ouvert à Dieu, mais aussi un cœur ouvert aux autres. L'âme grande, c'est celle qui rejoint le cœur de Jésus, qui vibre avec lui pour les plus faibles et les plus fragiles.
Saint Jean Paul II disait que notre siècle est "surdéveloppé en ce qui concerne la rationalité technique et sous-développé en ce qui concerne l'attention à l'homme, à ses attentes, à son mystère". Avant de songer à partir au bout du monde "pour faire de l'humanité", aime d'abord ceux que tu rencontres chaque jour, en famille, dans tes études...
Une hiérarchie dans l'amour
Le chrétien est celui qui met l'amour du Christ en premier. Souvent, nous nous trompons, parce que nous croyons que si nous aimons trop le Christ, alors nous aimerons moins les autres, nous délaisserons notre famille. Mais, c'est tout le contraire, parce que l'amour n'est pas limité. Il ne s'épuise pas en se donnant. Plus j'aime le Christ, plus j'aimerai les membres de ma famille et mon prochain. Ce que je donne au Christ, il me le rend au centuple.
Ce que je suis, je le dois aux autres
Toute vie donnée est féconde, pour soi, mais aussi pour les autres. Ce que vous êtes aujourd'hui, vous l'êtes grâce à d'autres personnes, grâce à des sacrifices, à des renoncements, à des vies données. On n'existe pas uniquement par soi-même. Il n'est pas vrai de dire que je suis indépendant des autres.
Aimer l'Eglise
Aimez l'Eglise comme Jésus l'a aimée. Il l'a aimée, malgré la trahison de Judas, malgré les faiblesses et les lâchetés des Apôtres. Il l'aime toujours, malgré les péchés des baptisés, nos péchés, qui l'on salie depuis depuis 2000 ans. Dans la foi, avec le Christ, de l'intérieur, nous percevons la réalité mystique de l'Eglise qui est une, sainte, catholique et apostolique.
L'unité
L'Esprit Saint œuvre à l'unité en poussant vers le Christ, en nous agrégeant de manière toujours plus ferme à son corps vivant et glorieux. L'unité de l'Eglise se fait par l'Esprit Saint, autour du Christ, et de son successeur, le pape, dans la profession d'une foi, reçue des Apôtres, et dans la fidélité à l'enseignement de l'Eglise.
Nous ne pouvons vivre notre foi tout seuls, chacun dans son coin. "Que tus, ils soient un". Mes frères, vivez dans la communion avec l'Eglise, à l'intérieur de l'Eglise, qui est comme une barque dans laquelle le Christ a pris place et qu'il dirige. Aimez l'Eglise, passionnément.
Aimer ceux qui nous ont fait du mal
Parfois, on se demande ce que la religion chrétienne possède en propre, et notamment ce qui distingue le chrétien des autres croyants : l'amour des ennemis. La charité chrétienne, la vraie, va jusqu'à l'amour des ennemis, jusqu'à souhaiter du bien à ceux qui nous haïssent, et même jusqu'à prier pour ceux qui nous maudissent.
Notre dette envers Dieu est immense ! Chaque péché que nous commettons est comme une flèche que nous jetons dans le cœur de Jésus... Le problème, c'est que la plupart du temps, nous n'en avons pas conscience.
Dieu nous accorde toujours son pardon, quels que soient le nombre ou la nature des fautes. C'est pourquoi, nous devons agir ainsi envers ceux qui nous sont offensés. Si nous devons nous pardonner les uns les autres, c'est d'abord parce que Dieu nous fait en premier le don de sa miséricorde.
Il y a des pardons qui, humainement, sont impossibles à donner, parce que la blessure est trop grande. Devant de terribles offenses, il n'y a qu'une manière d'espérer pouvoir pardonner : c'est de laisser le Christ lui-même pardonner à travers nous.
C'est l'exemple que nous laissent de nombreux martyrs, qui meurent tellement unis au Christ, qu'ils ne nourrissent pas de haine envers leur bourreau. Comment est-ce possible ? Uniquement en demeurant fermement ancrés dans le Christ, pour laisser son amour et son pardon agir à travers nous.
Le pardon est une véritable libération. Inversement, le refus du pardon enferme le cœur, emprisonne.
Depuis que Caïn a versé le sang de son frère Abel, le fleuve de la haine ne cesse de couleur dans l'histoire de l'humanité. Pour stopper ce fleuve, Jésus révèle jusqu'où l'amour doit aller : "Aimez vos ennemis..."
Ce que Jésus nous demande, Il l'a vécu, en vérité, jusqu'au bout, jusqu'à mourir sur la croix. A cet instant terrible, où les force du mal se concentrent et s'acharnent sur lui, Jésus laisse jaillir un cri qui révèle la profondeur de son amour : "Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font". Au paroxysme de la haine, Jésus répond par le sommet de l'amour : la miséricorde divine. Sur la croix, en aimant ses ennemis, Jésus impose une limite au pouvoir du mal.
Bien souvent, nous doutons de la puissance de l'amour pour désarmer les forts, et quand on doute, on préfère s'appuyer sur ses propres forces et ses capacités humaines. Or, le Seigneur nous donne une arme redoutable contre le mal, la seule qui soit victorieuse : la force de son amour.
3."Il nous en faut du courage pour témoigner de la vérité"
Mesurez la chance inouïe qui est la nôtre d'avoir été plongés dans cette foi catholique qui coule dans les veines du peuple français depuis des siècles ! C'est la foi de saint Louis, de sainte Jeanne d'Arc, de saint Vincent de Paul, de saint François de Sales, de saint Jean-Marie Vianney, de Sainte Bernadette, de Sainte Thérèse de Lisieux, et de tant d'autres saints qui ont fait l'histoire de notre pays ! C'est la foi des générations qui nous ont précédées et qui ont bâti dans nos églises !
"A notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s'éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s'alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde" (Benoît XVI, 2009).
Face aux grands du monde
Les grands font sentir leur pouvoir ! Jésus, Jeanne d'Arc, Bernadette, et tant d'autres, ne se sont pas laissés intimider par les puissants de ce monde ! Vous non plus, ne vous laisse pas faire par ceux qui exercent une autorité ! Certains vont essayer de vous faire taire, défendez vous ! Certains vont vouloir vous empêcher de dire les valeurs que vous portez. Défendez vous, avec la force que donne l'Esprit Saint. Vous devez avoir le courage des saints, même si les autres semblent en apparence les plus forts.
Aimer son prochain
Je dois aimer mon prochain jusqu'au point de vouloir son bien, jusqu'au point de vouloir son salut. Voilà la clé : je peux dire que j'aime quelqu'un si je désire qu'il soit sauvé.
Jésus dit : "Votre Père qui est aux cieux, ne veut pas qu'un seul de ces petits soit perdu".
Saint François-Xavier a parcouru des milliers de kilomètres pour annoncer le Christ, jusqu'au Japon. Alors qu'il se trouvait seul devant des foules assoiffées de connaitre le Christ, il écrivait ceci à ses compagnons en France : "Dans ce pays, quantité de gens ne sont pas chrétiens uniquement parce qu'il n'y a personne aujourd'hui pour en faire des chrétiens".
Ai-je le désir de faire connaitre Jésus ? Si vous n'avez jamais pleuré parce que Dieu n'est pas aimé, il manque quelque chose à la force de votre foi".
Vivre comme le Seigneur nous le demande
Votre mission consiste à montrer par votre vie qu'il existe une autre façon de vivre que celle qui est prônée partout.
Pendant les JMJ, le pape a dit : "Le Christ vous envoie pour être des témoins courageux et sans complexes, authentiques et crédibles ! N'ayez pas peur d'être catholiques, d'en témoigner toujours autour de vous avec simplicité et sincérité !".
Le chrétien est ardent. Deux dangers nous guettent :
- croire que tout est perdu, que la situation est désespérée
- se fondre dans la masse pour faire comme tout le monde
Jésus confiait à ses apôtres : "Vous êtes dans le monde mais vous n'êtes pas du monde". Tel est le paradoxe du chrétien : nous vivons dans le monde mais nous appartenons au Christ, et notre cité se trouve dans les cieux.
C'est cela le danger : laisser le monde nous transformer alors que c'est à nous de transformer le monde.
Le courage de témoigner
Par le baptême, le chrétien est incorporé au Christ et il est fait participant de la fonction prophétique du Christ. Le vrai prophète est un envoyé de Dieu. Il reçoit une mission, celle de faire entendre par toute la terre la parole de Dieu.
Ne pas avoir peur
Certains chrétiens cèdent volontiers à la peur, fustigeant une affirmation trop forte de la foi, par crainte de la doxa ambiante.
Si vous tendez l'oreille dans votre prière, vous entendrez la voie du Christ s'adresser aux Apôtres terrifiés dans la barque : "N'ayez pas peur !"Aujourd'hui, on ne peut plus espérer vivre notre foi dans un cocon protégé, dans une société qui faciliterait la prière et le culte. Notre société n'est plus chrétienne.
Lorsque nous avons un témoignage à donner, devant un entourage indifférent ou hostile, ce ne sont pas nos paroles qui comptent. Ce qui compte, c'est le Seigneur qui se sert de nos mots pour toucher les cœurs.
Les gens ont besoin de rencontrer des chrétiens qui osent dire qu'ils sont chrétiens.
C'est vrai, nous pouvons déplorer le fait que nous, chrétiens, devenons minoritaires ; nous pouvons pleurer de voir nos églises détruites, parce que les communes et l'Etat ne veulent plus les entretenir, et qu'il n'y a plus de chrétiens pour venir y prier.
"Il y a aujourd'hui une sorte d'apostasie silencieuse, un rejet de Dieu et de la foi chrétienne en politique, en économie, dans le domaine éthique et moral ainsi que dans la culture occidentale post-moderne" (Cardinal Sarah, 2013). Mais, nous dit Jésus, ce sera l'occasion pour vous de rendre témoignage !
Vous êtes la lumière du monde
Le baptisé n'est pas la lumière de lui-même, il devient lumière s'il se laisse habiter par la lumière qu'est le Christ. Seul le Christ est la vraie lumière, celle qui éclaire la bonne route.
Unis au Christ, les chrétiens peuvent répandre, au milieu des ténèbres de l'égoïsme et de l'indifférence, la lumière de l'amour de Dieu.
Le Christ doit régner
C'est à nous baptisés de travailler à établir son règne de justice, d'amour et de paix.
Dieu est exclu, rejeté, bafoué, sali, et nous ne pouvons pas rester inactifs. Voici deux exemples où les chrétiens doivent particulièrement lutter avec courage pour établir le règne du Christ :
- Il est fréquent de voir publiquement notre foi chrétienne, et même le Christ, injuriés, que ce soit par des œuvres d'art ou par des publicités, des émissions, des films, des articles....Nous ne pouvons pas nous taire et laisser faire.
- En ce qui concerne la protection de la vie et de la famille, le chrétien ne peut pas assister passif, les bras croisés, à cette évolution de la société.
Le courage de défendre la vie
"Le Bon Dieu n'a pas écrit que nous étions le miel de la terre, mais le sel" (Bernanos).
Le sel est ce qui donne goût. Le chrétien rappelle au monde que la vie a du goût malgré ses épreuves, et que la vie est toujours un bien même si la mort apparait parfois comme une délivrance.
Dans de nombreuses situations dramatiques, certains en viennent à penser que la mort est l'unique solution parce que la souffrance fait percevoir la vie comme un mal et la mort comme la seule issue possible.
Chiara Luce : Italienne, emportée à 18 ans par un cancer foudroyant des os. Elle est, et a été pour tous, un rayon de lumière. Clouée par la maladie, elle exhortait les jeunes : "Que tous comprennent quel cadeau gratuit et immense est la vie et combien il est important de la vivre à chaque instant dans la plénitude de Dieu".
Toute vie humaine est sacrée, même une vie transpercée par l'épreuve de la souffrance, une vie confrontée à l'épreuve de la mort. Le chrétien ne démissionne pas devant la souffrance et la mort. Le chrétien porte le sel de la vie divine, qui mêle à la fragilité de notre vie terrestre la puissance de la vie éternelle.
En assumant notre condition humaine, Dieu, en son divin Fils Jésus, nous montre la valeur de toute vie humaine. Chacun est voulu, désiré, et aimé par le Seigneur, même la personne la plus fragile. Jésus n'a cessé de témoigner de la valeur de la vue humaine. Il a guéri et consolé ceux qui étaient blessés par les épreuves de la vie ; il s'est penché sur les corps souffrants et malades, il est venu les relever, les sauver.
Dans une cérémonie des vœux au corps diplomatique, le Saint Père a critique la "culture du déchet" qui ne s'applique pas "seulement à la nourriture ou aux biens superflus qui sont objets de déchet, mais souvent aux êtres humains, eux-mêmes qui sont "jetés" comme s'il étaient des "choses non nécessaires". Là où une société décide de résoudre des situations difficiles en éliminant une vie humaine, on ne peut pas parle de progrès.
Mère Teresa reçut le prix Nobel de la paix, en 1979, et déclara : "Le plus grand destructeur de la paix, aujourd'hui, est le crime commis contre l'innocent enfant à naître. Si une mère peut tuer son propre enfant, dans son propre sein, qu'est-ce qui nous empêche, à vous et à moi, de nous entretuer les uns les autres ?".
Pour ceux qui traversent des épreuves, le Seigneur est proche, et même si vous ne trouvez plus de raisons de vivre ou d'aimer la vie, votre vie vaut la peine d'être vécue parce qu'elle est un don de Dieu.
Un combat spirituel
Le combat qui se jour à l'intérieur de notre âme, contre les forces des ténèbres, c'est le combat intérieur, qu'on appelle aussi le combat spirituel.
Mais ce combat se déroule aussi au-delà de notre âme, à l'échelle d'une société. Le Prince des ténèbres est à l'œuvre. Il jette le trouble dans les consciences, qui ne savent plus discerner entre le bien et le mal ; il sème la division dans les familles, car il cherche à détruire la famille, berceau de la vie et de l'amour ; il cherche à profaner l'amour humain entre l'homme et la femme ; il encourage les hommes à se méfier de Dieu, puis progressivement à l'abandonner.
Bannir le découragement, la plaie de l'âme
Le découragement est l'arme absolue du démon. Cela lui permet de venir à bout de tous les enthousiasmes, de toutes les bonnes résolutions, de tous les élans de générosité, de toutes les conversions !
Certains baissent les bras devant les épreuves trop lourdes à porter. Le démon sait bien que le découragement est puissant. Il agit comme l'humidité dans les vieilles maisons : si vous ne faites rien, le découragement pénètre progressivement dans tous les murs de maison qui moisissent.
Voilà la force du découragement : il sape à la racine la vertu d'espérance. L'espérance ne peut venir que de Dieu. C'est lui seul qui donne le courage d'avancer, de tenir. Il y a des épreuves qui terrassent. N'aie pas honte de pleurer. On ne peut tenir que grâce à Dieu. C'est la source du courage. Dieu est là : s'appuyer sur lui, fonder sa vie sur lui.
Nous perdons confiance en Dieu, et par là, notre courage, lorsque nous regardons trop ce qui nous arrive, comme Saint Pierre qui marche sur l'eau : il coule quand il cesse de regarder le Christ.
Le courage d'affronter les difficultés, de persévérer avec le Christ
Le chrétien ne vit pas dans une sorte de bulle, en laissant le monde aller à sa perte. L'Eglise n'est as l'orchestre du Titanic qui continue de jouer tandis que la navire sombre. Le chrétien se bat, et parfois il verse son sang. Pour cela, il persévère. Il en va de la survie de l'âme, car les mots du Christ sont puissants : "C'est par votre persévérance que vous sauverez vos âmes". L'enjeu est bien le salut de l'âme, et non pas la survie en ce monde. L'enjeu, c'est la vie éternelle, le bonheur en Dieu.
Pour cela, le Seigneur nous appelle à la persévérance : la recherche quotidienne de la sainteté, la fidélité aux sacrements, la prière.
"Je suis faible ; tu m'aimes ; je maintiendrai". Je m'appuie sur lui, alors je maintiendrai, alors, je peux tout. Si je ne crois pas en l'amour de Dieu, alors je ne maintiendrai pas.
Ne soyons pas étonnés des oppositions, des haines... Choisir le Christ signifie s'exposer aux attaques de l'Adversaire.
Peu importe ce qui arrivera, je vis ma vie présente à fond. Durer dans l'effort, ne pas baisser les bras à la première difficulté ou à la première question qui survient. La constance est une vertu à redécouvrir aujourd'hui. Combien de martyrs ont persévéré jusqu'au bout sans renoncer à leur foi au Christ.
Des épreuves, tu en auras. Peut être qu'elles t'ont déjà touché, affaibli, blessé. Les maladies, les déceptions amoureuses, les désillusions, les échecs, les déchirures familiales n'épargnent pas la jeunesse. Avec le Christ, il n'existe pas d'épreuves insurmontables. Exemple de Saint Pierre, en prison. Les chaines qui enserrent son corps semblent sceller l'horizon. Alors un ange apparait et intervient. Qui sera ton ange ? Cherche bien. Une parole de la Bible qui te revient en mémoire ? Un ami qui est là pour te consoler ? Une grâce qui affermit ton cœur ? Le sourire de Marie ? Et toujours, ce qui doit te faire tenir, la certitude que Dieu est là.
Etre disciple du Christ
Trois conditions :
- renoncer à soi-même ;
- prendre sa croix chaque jour ;
- suivre Jésus.
Dans une société fascinée par la nouveauté et le changement, nous n'aimons pas beaucoup les choses qui reviennent sans cesse ; nous n'aimons pas beaucoup les tâches à accomplir chaque jour; les répétitions de la vie quotidienne. Tout cela finit par peser sur nos épaules comme la croix a pesé sur les épaules du Christ. Et pourtant, tout cela est nécessaire dans notre vie, et participe à notre sainteté.
Pendant 30 ans, Jésus a vécu humblement. Jésus n'a pas dédaigné les tâches de la vie quotidienne mais il les a accomplies avec sagesse et fidélité. Les croix de chaque jour, ce sont tous ces devoirs quotidiens ; mais ce sont aussi toutes les contrariétés de la vie : les souffrances, les lassitudes du corps, les troubles de l'âme, les critiques acerbes, les remarques désobligeantes, les humiliations, les désagréments...
Cette croix là n'est pas glorieuse, mais elle est le secret d'une vie qui traverse l'épreuve du temps, le secret d'une vie chrétienne à la suite de notre Seigneur Jésus.
Certains chrétiens sont saisis de peur devant la croix de Jésus. Ils ne veulent pas de la croix ni dans la vie du Christ ni dans leur propre vie. Le monde porte, en effet, le désir d'une vie facile, le désir d'une vie sans peine, le désir d'une vie faite de loisirs permanents, d'une vie sans contrainte et sans engagement.
Saint Jacques l'apôtre affirme que cette sagesse là s'oppose à la vraie sagesse qui vient de Dieu, la sagesse de la croix :"Le langage de la croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers le salut, pour nous, il est puissance de Dieu".
La souffrance est un mal que nous devons soulager. Mais la grandeur de l'homme se mesure à sa capacité d'affronter la souffrance.
Consolez, consolez mon peuple
"Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau".
Notre Seigneur n'est pas venu supprimer la souffrance. Mais les tempêtes de la vie ne pourront jamais balayer la présence ferme et rassurante du Seigneur.
Par la prière, le Christ nous procure le repos. C'est lui qui prend sur ses épaules le fardeau lourd que nous lui confions, et il allège peu à peu notre cœur. Il apaise et réconforte.
La question de la souffrance, physique ou morale, a toujours habité le cœur de l'homme. La parole de Dieu porte le cri et la révolte de tous ceux qui se sentent abandonnés, désespérés, humiliés, de tous ceux qui pensent que leur vie n'a plus de sens. Les paroles ne suffisent pas pour apporter la consolation. Mais il y a une présence, celle du Christ, venu dans notre chair pour porter avec nous le poids de la souffrance. Sur la croix, Jésus rejoint tous ceux que la douleur accable. C'est la seule réponse au mystère du mal et la souffrance.
Source : Le courage de la foi, Abbé Cyril GORDIEN