Le mal
Depuis qu'il y a des hommes dans la souffrance, le mal et le malheur, le dilemme ne cesse de les troubler : ou Dieu est tout-puissant et il ne nous aime pas, ou il nous aime et n'est pas tout-puissant. Si Dieu existe et s'il est amour, comme le disent les chrétiens, pourquoi le mal et la souffrance ?
Un Dieu qui nous veut du mal ?
Tous, nous avons été, un jour ou l'autre, confronté au malheur, à la souffrance et à l'une ou l'autre des innombrables formes du mal : la maladie, la souffrance et la mort, les nôtres et celles de ceux que nous aimons.
Tous nous connaissons l'incroyable capacité de l'homme à faire du mal à son frère. Depuis Caïn tuant Abel jusqu'à la Shoah, tous les temps ont été des "temps où l'homme a sur l'homme le pouvoir de lui faire du mal".
Tous, nous nous sommes posé la vieille question : si Dieu existe, pourquoi cela ?".
Dieu en retrait
Un dilemme insoluble signale une erreur d'itinéraire : on s'est trompé sur l'image de Dieu et sur sa toute-puissance. Il faut abandonner un Dieu aux interventions toutes-puissantes. La puissance de Dieu ne peut s'opposer à l'autonomie de l'homme qu'il a créé libre, à son image. Il se tient en retrait. Dieu n'est pas absent, mais sa présence attentive et aimante se fait discrète.
Son retrait n'est pas un aveu d'impuissance ni un signe d'indifférence, mais une marque d'amour.
Pourtant, devant le silence et le retrait de Dieu, l'impatience de l'homme est naturelle. La prière de supplication a, dans la Bible, ses lettres de noblesse. Les psaumes ou les prophètes sont pleins de demandes d'intervention : que Dieu cesse de cacher sa puissance ! Mais, dans l'épreuve, le degré suprême de la foi n'est il pas de libérer Dieu de son "devoir d'ingérence", de respecter son retrait ?
Dieu, avec nous, contre le malheur et la mort
Dieu, en Jésus-Christ, abandonne toute sa puissance et se range à nos côtés. Au début des évangiles, les récits des tentations au désert disent que Jésus refuse le pouvoir et la puissance selon les manières humaines. A la fin, il entre dans sa Passion.
Jésus a vécu notre condition d'homme. Il s'est mis de notre côté, avec nous, y compris dans le malheur, dans la souffrance et dans la mort.
Mais, les évangiles ne s'arrêtent pas à la croix. La mort du Christ est passage vers la vie. Le renoncement à la puissance de la condition divine et le passage par la faiblesse humaine conduisent à la puissance de la Résurrection, au pouvoir qu'à le Christ de faire entrer l'humanité avec lui dans la vie sans fin. Ainsi, Jésus, qui s'est mis à nos côtés dans le malheur et dans la mort, est-il à nos côtés contre le malheur et dans la mort.
Que dire quand le malheur s'acharne
Oui, il arrive des moments où nous avons l'impression que le malheur devient l'ordinaire de ka vie et les moments de bonheur l'exception ! Mieux vaut se taire.
Regardons Marie au pied de la croix : "Elle se tenait debout, la mère des douleurs". Elle se tait, mais elle médite toutes ces choses en son cœur. Elle a entendu Jésus crier "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?". Pourquoi ne dirait-elle pas en son cœur les mêmes mots ? Pourquoi ne se plaindrait elle pas au Seigneur ? Vous aussi, écoutez ce que dit celui qui est dans le malheur. S'il se plaint de Dieu à Dieu, ne prenez pas la défense de Dieu. Prenez plutôt le parti du malheureux.
Dites avec lui sa prière douloureuse. Dans votre cœur, si vous le pouvez, dites aussi votre espérance.
Source : fiches croire.com