Le silence

Sanctuaires du silence

Il parait qu'il ne resterait plus qu'une cinquantaine de zones à l'abri du bruit des hommes. Une fondation, One square inch, les recense et vise à les protéger.
Critère retenu : que le site soit vierge de toutes sortes de bruit humain pendant au moins 15 minutes d'affilée. Ces sanctuaires situés à l'écart de toute activité humaine sont toutefois menacés par l'aviation.

Le silence est souvent perçu comme une absence, comme un vide à combler à tout prix.

Le silence nous fait du bien

Le silence nous fait tellement de bien. Notre cerveau en a besoin pour se reposer. Les neurosciences confirment que le silence est essentiel à notre bien être mental, émotionnel et spirituel.

Le silence, synonyme d'ouverture

Le silence n'est pas synonyme d'isolement mais plutôt d'ouverture. Car c'est quand nous faisons silence que nous entendons le mieux. Nous percevons alors notre voix intérieure et devenons plus sensibles à ce qui nous entoure.

Le silence est d'or

Celui qui se tait inquiète son entourage : pourquoi ne dis tu rien ? Marquer une pause silencieuse, c'est rompre le rythme de l'échange. Cela dérange. La parole est aujourd'hui reine, elle nous fait exister et crée le lien. Pourtant, "si la parole est d'argent, le silence est d'or", c'est probablement que lorsque l'autre fait silence, il faut l'écouter avec le plus d'attention. 

Ce que nous dit la nature

La nature nous offre une belle métaphore de l'équilibre où la place de l'écoute prédomine sur la parole : n'a t'on pas qu'une seule bouche contre deux oreilles ? 

Une hygiène de vie

Il est souvent banal de dire que le silence est l'un des meilleurs remèdes au stress. C'est pourtant une hygiène de vie que l'on devrait tous s'imposer : rester silencieux quelques instants et se persuader que s'arrêter de parler ne signifie pas pour autant ne plus exister. 

L'être intérieur

Quand le silence se fait peu à peu autour de nous et en nous, alors commence à émerger notre être intérieur, avec ses voix et sa vie propre. Le silence s'apparente alors à une sphère qui nous accorde avec le monde. Il donne le goût, l'envie profonde de se retrouver en paix avec soi-même et le monde environnant. 

Le silence est l'expression de l'inexprimable, de ce qui nous est le plus intérieur et qui nous dépasse. Il aiguise notre attention, notre sens de l'observation et notre écoute. Cet état réceptif nous amène à réfléchir sur nous-mêmes et sur le sens de ce qui nous entoure. 

Faire silence pour écouter

La parole de la Bible est adressée à chacun et est au cœur de la vie de ceux qui suivent Jésus. Une parole n'a de poids que si elle surgit du silence, et que si elle est reçue dans le silence. 

Pour un chrétien, accueillir la Parole de Dieu, c'est la méditer et discerner en quoi elle lui parle et l'interpelle. Et il lui faut du temps et du silence pour méditer, pour laisser cette parole résonner en lui et  l'accueillir vraiment comme le message que le Seigneur lui adresse. 

Se retrouver soi-même

Si les hommes ne savent pas comment s'approcher de Dieu, c'est souvent qu'ils ne se connaissent pas eux-mêmes, car ils sont tiraillés en tout sens. 

Pourtant, sans même être croyants, beaucoup de nos contemporains éprouvent le besoin de silence pour se retrouver au milieu de toutes leurs agitations. 

Quand Dieu se tait

Tous les silences ne se valent pas : il y a des silences vides, mais aussi des silences prometteurs. La Bible en témoigne en nous livrant l'expérience d'un homme nommé Job. 

Les malheurs de Job : Croyant authentique, il aime Dieu et veut lui être fidèle. Tout va bien jusqu'à ce qu'il soit frappé par le malheur. Ses enfants meurent en une seule journée, victimes de violences ou de catastrophes naturelles. Après quoi, c'est lui même qui est atteint dans son corps. Celui-ci est devenu un ulcère géant qui le fait horriblement souffrir. 

Les amis de Job : Trois de ses amis viennent le voir pour le consoler. Ils restent silencieux pendant 7 jours, témoins de ses malheurs et de sa souffrance. Entendant Job se plaindre et même s'en prendre à Dieu, chacun finit par prendre la parole pour lui donner des conseils et lui dire qu'il ne devrait pas mal parler de Dieu. Finalement, ils l'accusent de leur avoir caché des fautes graves. En effet, pour eux, c'est inconcevable que Dieu fasse mal à un innocent. 

Quand Dieu ne dit rien : Job continue de se plaindre, mais il répond aussi à ses amis car sa conscience lui dit qu'il est innocent de ce dont on l'accuse. Alors, il interpelle Dieu, il voudrait bien discuter avec lui pour exposer sa cause, mais Dieu reste silencieux. Il insiste pourtant, mais le ciel reste désespérément muet, ce qui augmente encore davantage sa souffrance. 

Quand Dieu parle : La Bible ne dit pas combien de temps Dieu est resté silencieux. Par contre, la Bible nous apprend que quand il est enfin sorti de son silence, Job a compris qu'il aurait mieux fait de se taire : "J'ai parlé de choses qui me dépassent et je ne le savais pas". Pourtant, Job n'a même pas eu de réponse précise aux questions qu'il posait, mais ce que Dieu lui a révélé lui a suffi. Il confesse : "Je regrette ce que j'ai dit. Je reconnais mon tort". 

Une conclusion : C'est clair : les amis de Job auraient été sans reproches s'ils avaient continué à se taire. Job a appris énormément de choses importantes à travers cette expérience douloureuse. Dans la Bible, les silences de Dieu ne sont pas son absence même si les apparences semblent dire le contraire. 

Source : Croire et vivre