Aide à mourir : un basculement de civilisation ?
La proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir est plutôt une réforme juridique. Si celle-ci venait à être adoptée, ce serait probablement la loi la plus radicale dans notre histoire législative.
Procédure législative
Le programme de Macron comprenait le projet d'une loi relative au droit à l'aide à mourir.
Il n'y a pas eu de vrais débat.
Le gouvernement a eu la volonté de précipiter le calendrier pour commencer à euthanasier avant la fin du quinquennat.
Bien que le système législatif soit à la peine, tous les feux ont été mis au vert. Malgré des désaccord sur tous les sujets, y compris le budget, tout à coup, surgit un mini accord entre députés (50.8% favorable au vote du texte). Malgré leurs différences partisanes, les députés parviennent à se mettre d'accord.
La présidente de l'Assemblée nationale s'implique dans tous les votes.
Les initiateurs du projet ont quittés l'Assemblée nationale, comme si ce n'était plus leur affaire, et ne participeront pas au vote finale. Ni cette assemblée, ni le président ne seront présents pour dire qu'ils sont responsables de cette loi.
Nous allons nous retrouver avec une loi que la société n'a pas demandé.
Un pouvoir donné à la puissance publique
Par cette loi, le pouvoir très affaibli d'aujourd'hui va donner à la puissance publique un pouvoir très fort, pouvoir qu'elle avait perdu en 1981 avec l'abolition de la peine de mort. Alors que Robert Badinter est rentré au Panthéon en 2025, quelques mois après, une proposition de loi s'apprête à être votée sur un doit à l'aide à mourir.
Des changements et conséquences
Certains avancent que c'est leur liberté, qu'ils ont le droit de choisir leur mort et que cela n'enlève rien aux autres.
Cette proposition de loi, si elle est adoptée, va conduire à des changements majeurs :
- La réforme du Code pénal avec la création d'une exception à l'interdiction de tuer ;
- La nécessité de distinguer l'incitation au suicide qui est interdite et la communication sur l'aide à mourir ;
- La nécessité de distinguer celui qui n'aide pas quelqu'un en train de mourir et celui qui aide quelqu'un à mourir ;
- La réforme de l'éthique.
Ce sont des ruptures, des changements radicaux.
Cette proposition de loi pourrait enlever beaucoup à l'Etat social en mettant fin à l'Etat providence sur lequel il y a beaucoup de consensus.
Quelques chiffres
100 000 Euthanasie depuis 2016 Canada
150 000 Euthanasie depuis 2002 Belgique et Pays Bas
8% des personnes au Québec meurent d'euthanasie.
Certains médecins euthanasient des centaines de personnes par an.
50% des euthanasies se font à domicile en Belgique
80% des euthanasies se font à domicile aux Pays Bas
La souffrance
Quand on souffre au point de vouloir mourir, quand on est vulnérable, ce n'est pas un accord de liberté.
Vouloir la mort, ce n'est pas échapper à la souffrance, c'est tout simplement mourir, c'est ne pas vouloir vivre sa mort, c'est vouloir abolir la peine de vivre.
Le sommet de l'individualisme ?
Cette loi crée le mythe d'un individu qui n'a pas besoin de société, sauf pour mourir.
Source : Rencontre Aleteia, Dominique REYNIE