Pier Giorgio FRASSATI, un aventurier au paradis

Plusieurs papes ont rendu hommage à sa force de volonté :
- Le cardinal Montini, futur Paul VI, le décrivait par "la force physique et la force de l'âme" qui l'habitaient.
- Jean Paul II disait qu'il était un modèle pour nous tous, qu'il était "l'homme des huit béatitudes".
- Pour Benoît XVI, Pier Giorgio était un garçon fasciné par la beauté de l'Evangile des Béatitudes, qui fit l'expérience de la joie d'être un ami du Christ, de le suivre, de se sentir partie intégrante et vivante de l'Eglise".

Aventurier du Ciel

Pier Giorgio est un véritable aventurier du Ciel :

- Il ose s'aventurer au-delà de son milieu social et des conventions familiales, pour s'ouvrir à la rencontre de réalités très différentes.

- Aventure de la montagne où il se lance à la conquête des sommets.

- Aventure de l'amitié. Ses nombreuses correspondances en témoignent. Il entraine ses amis avec lui sur le chemin des Béatitudes.

- Aventurier de la charité et de la foi.

Les Béatitudes

Les huit Béatitudes ont quelque chose de révolutionnaire. Elles présentent un chemin de bonheur contraire à la logique de notre monde. Ceux que Jésus proclame "bienheureux" sont considérés comme inutiles, ou comme des perdants aux yeux du monde. Jésus lui même est le chemin ! A travers sa vie entière, le Christ nous montre comment vivre chacune des Béatitudes. Elles sont le portrait du Christ.

Enfance

Sa famille vit selon des règles bien établies. Les interdits et la dureté de l'éducation pèsent sur le jeune enfant, mais ne l'empêchent pas de cultiver une joie profonde dans son cœur. Cette joie transparait dans ses lettres où il laisse parler son cœur.

Dans ses lettres, il parle de Jésus avec une telle familiarité que cela témoigne d'une relation intime et profonde avec lui. Cette foi le conduit à regarder au-delà des règles et à percevoir dans chaque épreuve une occasion de grandir.

Malgré certaines incompréhensions avec son père, Pier Giorgio éprouve un profond respect pour lui.

Dans sa maison où les reunions familiales se limitent aux repas, Pier Giorgio cherche sa place et son cœur est ailleurs. Il porte en lui une soif d'amour et de vie spirituelle qu'il ne trouve pas toujours auprès de sa famille.

Dès son enfance, Pier Giorgio se distingue par une passion particulière : l'amour de la montagne. Les montagnes, tout comme la foi, seront toujours pour lui un terrain d'effort et de dépassement.

Dès son plus jeune âge, il porte en lui un grand amour pour Dieu et cet amour va de pair avec un profond respect pour le prochain. Pier Giorgio montre une tendresse particulière pour ceux qui sont seuls ou dans la détresse.

Pier Giorgio va visiter des enfants orphelins. Il rencontre un orphelin, souffrant d'une maladie de peau, qui est malheureusement mis à l'écart. Automatiquement, Pier Giorgio, sans se soucier du regard des autres, s'assoit avec lui, lui tend une main chaleureuse et le console.

Il sait que chacun mérite d'être aimé, d'être accompagné dans sa solitude et dans sa souffrance.

Très jeune, il comprend que chaque rencontre, chaque souffrance, est une occasion de servir Dieu. 

Heureux les pauvres de cœur car le Royaume des Cieux est à eux

Jésus parle de la pauvreté du cœur ; c'est à dire savoir laisser entrer Dieu dans son cœur, lui laisser la plus grande place. Le pauvre est celui qui a les mains et le cœur disponibles pour accueillir et recevoir de Dieu et des autres. 

La seule richesse qui importe pour Pier Giorgio, c'est Jésus, le Roi des Rois, Dieu caché dans l'Eucharistie et dans les plus pauvres. 

Il apprend qu'à travers les épreuves, le vrai courage n'est pas de fuir la souffrance mais de l'affronter avec une joie cachée, celle de son cœur, celle qui vient de Jésus.

Pier Giorgio se recommande souvent à la prière de ses amis, tout comme il n'hésite pas à prier pour quiconque est en difficulté. 

Adolescence

La Première Guerre mondiale donne l'occasion à Pier Girogio, alors jeune adolescent de 14 ans, de faire des choix pour s'engager en apportant son aide là où elle est nécessaire. 

La guerre est vraiment une source de douleur profonde pour Pier Giorgio. Il prie sans relâche pour les soldats, les blessés, les morts et les veuves et il cherche à les soutenir spirituellement. Il leur envoie également le peu d'argent qu'il possède pour les soutenir. 

Au sujet d'une conversation exprimant sa tristesse et sa révolte face à l'horreur de la guerre, Pier Giorgio dira : "Moi, je serai prêt à donner ma vie, et aujourd'hui même." Pour lui, la vie est faite pour être donnée. 

Toute une nuit, il ressent une soif extrême, mais ne veut pas déranger sa mère. "Toi, tu dormais maman, et je ne voulais pas te réveiller". Ces mots simples révèlent l'attention de Pier Giorgio à ne pas perturber la tranquilité de des proches.

En rejoignant un collège privé dirigé par les Jésuites, il rencontre un prêtre, le père Lombardi, qui comprend la profondeur de sa foi et lui propose de recevoir la communion tous les jours. Bien que sa mère y soit opposée, il va insister avec douceur, sans perdre son calme, pour obtenir ce qu'il considère comme essentiel à sa vie spirituelle. Il parvient à convaincre sa mère. Il a gagné sa plus haute raison de vivre : l'Eucharistie qui n'est pas une simplement une formalité dominicale mais une source de vie.

Un apôtre dans sa vie quotidienne
Pour Pier Giorgio, chaque moment, même le plus simple, devient une occasion de témoigner de sa foi autour de lui.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice car ils seront rassasiés

Jésus nous dit : levez-vous, avancez, faites quelque chose, retroussez vos manches, salissez vous les mains, bougez, vous les affamés et assoiffés de justice, car vous serez rassasiés.

Nos appétits humains sont grands et ne concernent pas seulement le besoin de nourriture pour notre corps. Il y a des sortes de faims et de soifs que nous pouvons éprouver : celle d'être écouté, de pouvoir donner son avis, d'être respecté, d'avoir une dignité, ou encore une soif de justice ou de paix.

Pier Giorgio nous invite à ne pas rester indifférents aux injustices qui nous entourent et à mettre en œuvre ce qui est à notre portée pour les éliminer.

La charité
L'amour vrai est toujours "échange", réciproque.

Avant de donner notre vie pour les autres, nous pouvons nous interroger sur ce que nous recevons des autres.

Il est impossible d'aller jusqu'au bout du don de soi si on ne se laisse pas d'abord aimer, si l'on n'accueille pas ce que l'autre peut nous apporter.

Recevoir est parfois plus difficile que donner.

La montagne

Pier Giorgio est un athlète de Dieu, il lui donne son cœur et son corps. 

Saint Jean Paul II : "Il est un jeune homme de notre temps ouvert aux valeurs du sport, excellent alpiniste et skieur  expérimenté, mais qui sait donner en même temps un courageux témoignage de générosité dans la foi chrétienne et de la pratique de la charité envers le prochain, spécialement envers les plus pauvres et ceux qui souffrent le plus". 

Il sera choisi comme saint patron des sportifs et plus particulièrement des montagnards. 

Pier Giorgio a un cœur émerveillé et il se laisse toucher par la beauté de la Création qui l'entoure. Par ses excursions en montagne, il contemple véritablement l'œuvre divine. Selon lui, plus nous allons haut, mieux nous pouvons entendre la voix du Christ. 

Toujours joyeux

Tu me demandes si je suis joyeux ! Et comment ne pas l'être ? Tant que la foi m'en donnera la force : toujours joyeux ! Un catholique ne saurait manquer de joie ; la tristesse doit être bannie des cœurs animés par la foi. Pier Giorgio est un saint de la joie !

La foi, son "ancre de salut"

La prière est au cœur de la vie de Pier Giorgio. 

Déjà adolescent, Pier Giorgio s'investit pleinement dans sa paroisse. Chaque geste est pour lui une manière de servir, de rendre gloire à Dieu, mais aussi de vivre un témoignage concret auprès de ceux qui l'entourent. 

Pour lui, on communie par amour pour Dieu et parce que Dieu nous aime jusqu'à désirer se donner et s'unir à nous par son Eucharistie. 

La foi profonde de Pier Giorgio le porte quotidiennement. Il le dit bien, elle est pour lui une "ancre de salut". 

La foi, dit il, "renforçons la, raffermissons la, elle est l'unique joie dont on puisse être satisfait en ce monde". 

Heureux les doux car ils recevront la terre en héritage

La douceur n'est pas une faiblesse, mais plutôt une force tranquille. La douceur ouvre à l'accueil, au respect et au dialogue. La douceur est la "fleur de la charité" enseignait Saint François de Sales. 

Le pape François nous dit : "La douceur rassemble, la colère divise"... Un moment de colère peut détruire beaucoup de choses, et on peut détériorer parfois de manière irrémédiable la relation avec un frère. La douceur est capable de vaincre le cœur, de sauver les amitiés, et tant d'autres choses. On peut reconstruire avec la douceur". La terre en héritage que les doux recevront, c'est le cœur d'autrui. 

S'il n'hésite pas à dire les choses avec franchise, notamment dans ses lettres, il le fait avec calme et sans détour. Cette attention pleine de bonté envers les autres est d'une valeur inestimable et lui permet de construire de belles et fortes amitiés. Il écoute, console et encourage. 

L'exigence de la montagne invite à une certaine douceur avec soi-même et ses propres limites, douceur avec les autres afin de respecter le rythme de chacun, douceur et émerveillement pour la beauté de la nature qui invite au respect et à la contemplation. 

C'est très concrètement que Pier Giorgio nous fait comprendre combien la douceur est en réalité une force de caractère qui peut ouvrir bien des cœurs et avoir un impact beaucoup plus important qu'on ne le croit. La douceur est liée à l'humilité et à la bienveillance. 

L'humilité me permet de prendre une juste place dans mon rapport aux autres et au monde. La bienveillance ouvre mon cœur pour voir la réalité avec le regard de Dieu, un regard de bonté qui encourage et soutient.

A l'école de Saint Paul

Il met son physique assez impressionnant au service des autres : il n'hésite pas à utiliser sa force pour réparer des objets, apporter de l'aide aux plus démunis, pédaler plus vite pour visiter le plus de maisons possibles. Cette charité concrète fait de lui un exemple vivant de ce que Saint Paul décrit dans son hymne à la charité : "J'aurai beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurai beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien" (1 Co 13, 3). 

Jean Paul II : "Dans son existence, la foi se confond avec la charité : Frassati est solide dans la foi et pratique une charité effective, car la foi sans les œuvres est stérile". 

La charité du Christ nous presse, et sans ce feu qui, peu à peu, doit détruire notre individualisme, pour ne plus palpiter qu'en participation avec les douleurs d'autrui, nous ne serions jamais chrétiens et encore moins catholiques. 

Rendre visite au Christ

Tous les soirs, il s'engage dès 1918 avec la Conférence de Saint Vincent de Paul à aller rendre visite aux pauvres. En visitant les pauvres, il rend au Christ la visite que le Christ lui a faite par la communion. 

Il reconnait dans le plus pauvre la figure du Christ : le pauvre est Jésus lorsqu'il souffre, lorsqu'il est seul. La discrétion de l'amour divin donné aux autres par Frassati passe par le silence d'un sourire. 

En nous rapprochant des pauvres, nous devenons peu à peu leur confident dans les moments les plus terribles de leur pèlerinage sur cette Terre. 

Voici le projet de Pier Giorgio : accepter d'être un instrument indigne entre les mais de Dieu pour apporter un peu de bien et de réconfort. 

Le carnet

Pour se souvenir de toutes les personnes à qui il doit venir en aide, il porte sur lui un petit carnet sur lequel il note les noms et les adresses de ceux qui ont besoin de lui. Il a pour habitude d'écrire des centaines et des centaines de notes, de choses à ne pas oublier pour mieux servir son prochain. 

Les anciens combattants

Pier Giorgio en est très préoccupé et commence à fréquenter des cercles militaires et à rendre visite aux soldats démobilisés. Il leur apporte son soutien moral, les encourageant à se réinsérer dans la société. 

Une vocation auprès des pauvres

"Je veux pouvoir aider par tous les moyens possibles, les gens de mon pays et j'y parviendrai mieux en conservant l'état de laïc plutôt qu'en devenant prêtre. Il souhaite être au plus près des ouvriers, être un témoin du Christ au fond des mines. Il renonce pour cela à devenir prêtre car il considère que cela ne lui permettrait pas d'être assez proche des ouvriers. 

Il prend l'habitude d'emporter les fleurs des salles de réception de l'ambassade pour fleurir les cercueils des pauvres gens. 

Heureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde

Miséricorde = "Cœur de pitié" ou "Pitié du cœur". C'est le cœur dans toute sa profondeur qui frémit sous le coup de la douleur et de la peine qui se présentent à lui. 

La miséricorde apparaît comme l'attachement profond d'un être pour un autre et en particulier de Dieu pour l'homme. 

Grandir en miséricorde signifie apprendre à être courageux dans l'amour concret et désintéressé. Notamment à travers ce que l'on appelle les "œuvres de miséricorde". 

Œuvres de miséricorde corporelles : nourrir les affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir celui qui est nu, accueillir l'étranger, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts.

Œuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner ceux qui sont dans l'ignorance, reprendre les pêcheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter avec patience les personnes importunes, prier Dieu pour les vivants et pour les morts. 

Son apostolat, dont l'ampleur est ignorée par sa propre famille, est tout entier tourné vers la défense de la dignité de chaque personne, qu'il considère comme un frère, un ami. 

Vivre
Pier Giorgio n'est pas du genre à vivre en spectateur ou à se contenter d'une existence tiède, marquée par l'inaction ou le conformisme. En choisissant de ne pas "vivoter", il veut éviter les pièges du quotidien, ces habitudes qui mènent à la banalité et à la passivité. Pour lui, vivre véritablement, c'est déployer sa vocation avec tout l'engagement possible, dans toutes les dimensions de l'existence.

La prière et l'amitié
L'amitié véritable ne se limite pas aux moments partagés sur terre, mais se prolonge au delà de la vie.
Pier Giorgio : "Celui qui ira le premier au paradis aidera l'autre à y monter". Le lien spirituel ne s'éteint pas avec la mort mais perdure à travers la prière. La prière entre amis est un acte de charité chrétienne mais aussi une promesse d'union éternelle.

La pureté
Pier Giorgio : "Le vrai bonheur, mes chers amis, ne consiste pas dans les plaisirs du monde ou dans les choses terrestres, mais dans la paix de la conscience, que nous ne pouvons obtenir que si nous sommes purs de cœur et d'esprit".

Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu
Nous faisons davantage attention à la pureté de l'air que nous respirons, à la pureté de l'eau que nous buvons qu'à la pureté de notre cœur. Jésus nous invite à garder notre cœur pur de tout ce qui peu abimer ou défigurer l'amour, ce qui peut le fragiliser ou le mettre en danger.

La pureté de cœur consiste à refuser de réduire les autres à des objets de désir, refuser de me servir des autres pour obtenir ce que je souhaite. 

La politique

Très jeune, Pier Giorgio va s'engager en politique et il relie cet engagement à sa foi chrétienne et à son désir de lutte contre la justice sociale. 

Pier Giorgio adhère au Parti populaire italien, parti qui incarne les valeurs de la démocratie chrétienne et se nourrit de la doctrine sociale chrétienne, dont l'encyclique Rerum Novarum constitue un pilier fondamental. 

A travers son engagement, Pier Giorgio chercher à instaurer un équilibre social, visant à éradiquer la misère et à offrir aux travailleurs des conditions de vie dignes.

Pax Romana

Ce terme désigne la période de paix relative ayant pris place lors des 1er et 2ème siècles au sein de l'Empire Romain. En juillet 2021, Pier Giorgio participe au 10ème congrès national de la Fédération universitaire catholique italienne qui évoque la Pax Romana. 

Pier Giorgio porte profondément dans son cœur l'esprit de cette Pax Romana et rêve de bâtir une paix durable en Europe fondée sur la solidarité chrétienne et les valeurs évangéliques. 

L'opposition au fascisme
Pier Giorgio réagit vivement à l'ascension du fascisme. Dans une lettre adressée à son ami Antonio, il exprime sa colère après le discours prononcé par Mussolini : "J'ai jeté un coup d'oeil sur le discours de Mussolini et tout mon sang bouillonnait dans mes veines ; crois moi, j'ai été très déçu par l'attitude vraiment honteuse des populaires (cadres du PPI). Qu'est devenu leur beau programme ? Où est la foi qui anime nos hommes ?".Il va prendre ses distances avec le parti : le PPI, qui prônait à ses débuts des principes de justice sociale et de démocratie chrétienne, fait un choix qu'il considère comme une compromission avec le fascisme et ses valeurs.

Pour lui, le christianisme, fondé sur l'amour et la fraternité, ne peut en aucun cas s'allier avec un mouvement qui exalte la force, la violence et le pouvoir autoritaire.

Défenseur de la liberté des peuples
En 1923, les troupes françaises et belges occupent la région de Ruhr, région industrielle de l'Allemagne, en réponse à l'incapacité du pays à payer ses réparations de guerre. Cet évènement humiliant pour l'Allemagne réveille en lui un fort sentiment de solidarité chrétienne et de rejet de la violence.

Il se sent personnellement concerné par la souffrance de la population allemande et il exprime son désir de soutenir les Allemands dans cette épreuve.

Il envoie un message public de soutien à la jeunesse catholique allemande.

Pier Giorgio prône une vision de la paix fondée non sur des accords politiques mais sur l'amour chrétien, un amour capable de surmonter les passions humaines et de guérir les blessures de l'humanité.

Heureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu

Jésus ne nous invite pas seulement à être artisans de paix mais bien plus : il nous donne sa paix, la paix qui vient de Dieu.

La paix à la manière de Jésus comporte plusieurs caractéristiques : le dialogue, la fraternité, la rencontre, la connaissance réciproque et l'acceptation de la différence.

Pier Giorgio nous invite à nous engager résolument là où nous sommes, avec les dons, les charismes et les diplômes qui sont les nôtres. Il nous invite à avoir le sens de l'effort pour être porteurs de la vraie paix du Christ. 

Toujours prêt
"Je vous garderai une place au paradis". Voici la promesse de Pier Giorgio à ses amis. La question de la mort occupe une place importante dans son esprit. Toute sa vie, il désire aller au Ciel. Selon lui, "le jour de sa mort sera le plus beau de sa vie".

C'est pourquoi il prépare sans cesse son âme à la mort pour être prêt le jour où il rejoindra Dieu au Ciel.

Le 7 juin 1925, il réalise sa dernière excursion en montagne et sur une photo de la sortie, il appose comme légende Verso l'alto ! (Vers le haut !)

Les derniers instants
Lorsque la cuisinière lui propose de faire venir un médecin, il répond : "Non, non, maman est déjà assez préoccupée par la grand-mère, mon mal va passer".

Pier Giorgio lit à son ami Masetti un passage de la vie de Sainte Catherine de Sienne dans lequel la sainte rencontre Jésus. Pier Giorgio s'exclame " Quelle chance elle a eue, Sainte Catherine, de voir Jésus sur cette terre ! Moi, je l'envie !"Il confie à son ami Ernesto : "Si Dieu m'appelle, j'obéirai volontiers !".

Pier Giorgio est ignoré. Sa soeur raconte : "Nous avons tout ignoré : ses pauvres, ses soirées de prière, ses lettres, ses longs tourments douloureux. Nous ne savons pas qui il était, au delà de son acte de naissance et de son parcours d'étudiant tenace, alors nous l'avons laissé tourner la tête dans l'oreiller et un à un, nous avons quitté la pièce".

Lorsque le docteur commence l'auscultation et lui demande de se lever, Pier Giorgio répond : "Je ne peux plus". La paralysie a envahi tout son corps.

A 19h, Pier Giorgio expire. "Malheur irréparable. Pauvre saint Pier Giorgio. C'était un saint et Dieu l'a voulu à ses côtés" écrit Ester sur le calendrier de la cuisine.

Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés

Dieu a besoin de notre compassion pour réaliser sa promesse :"ils seront consolés".
C'est en communiant à la souffrance de l'autre que l'on est capable de le rencontrer en profondeur et de lui apporter la consolation qui vient de Dieu.

Heureux celui qui sait pleurer sur sa maladie, car il goûtera la joie d'être relevé.

Dans une catéchèse, le Pape François parle de pleurer à cause de notre péché "quand le cœur saigne à cause de la douleur d'avoir offensé Dieu et son prochain... Ce sont les pleurs pour n'avoir pas aimé, qui découlent du fait que la vie des autres nous tient à cœur".

Pier Giorgio vit cette compassion auprès des plus pauvres et des malades qu'il visite. Souvenons nous de ces paroles : "Autour des malades, autour des malheureux, je vois une lumière particulière que nous n'avons pas, nous".

Il nous entraine à participer à cette mission de compassion :"Celui qui assiste les malades est presque toujours bienheureux, car il est difficile de se charger encore des peines des autres, avec les mille besoins, les milles tracas et soucis que nous avons pour notre part".

Bienheureux puis saint
Le 20 mai 1990, le pape Jean Paul II élève Pier Giorgio au rang des Bienheureux et le nomme patron des sportifs."

Témoin vivant de l'espérance", il est canonisé lors du jubilé des jeunes en août 2025.Un catholique incompris
Toute sa vie, au sein de sa famille, il a été ailé, mais très incompris.

Sa foi
Sa foi possède 2 facettes : l'Eucharistie et la Vierge Marie. La communion quotidienne et le chapelet seront toute sa vie sa consolation et son arme dans les épreuves.

Un triomphe
Le jour de l'enterrement, à 9h, des milliers de personnes en pleurs, des fleurs ou un chapelet à la main, sont dans la rue pour accompagner la dépouille de Pier Giorgio jusqu'à l'église. Même les tramways doivent être arrêtés en raison de la foule ! Sa sœur témoigne :" Moi, derrière le cercueil, je ne pouvais pas être désespérée. J'avais l'impression de décoller de terre, comme de participer à un triomphe. Il me semblait qu'à côté de Pier Giorgio, je continuerais à marcher toute ma vie".

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice car le Royaume des Cieux est à eux

Cette dernière béatitude souligne combien l'exigence de la vie à la suite du Christ peut entrainer autour de nous de l'incompréhension voire également du rejet.

Il n'est pas toujours facile de se dire chrétien au quotidien, dans les cercles que nous fréquentons.

Sa charité témoigne de l'esprit quelque peu rebelle dont doit faire preuve un disciple du Christ en prenant résolument parti contre l'injustice et pour le respect de la dignité de tous.

Pier Giorgio est un aventurier dans le sens où il traverse les embûches et les contradictions pour tracer cette voie, comme on le fait en montagne, afin d'atteindre les sommets. Mais cette ascension, il ne la réalise pas seul : c'est encordé avec le Christ, premier de cordée, qu'il avance avec confiance sur ce chemin de crête qu'est celui des Béatitudes ! 

Auteur : Timothée CROUX et Emmanuel de RUYVER