Lettre au Premier ministre
Monsieur le Premier ministre,
Je vous remercie pour votre engagement et votre dévouement au service de la France et des Français.
Pour la première fois de ma vie, je me suis senti appelé à devoir écrire une lettre au Premier ministre, à vous écrire, vous qui êtes le chef du gouvernement.
Votre temps est précieux, je le sais, c'est pourquoi je serai concis. Mais, je sais aussi que le temps consacré à la réflexion et au discernement n'est jamais du temps perdu.
C'est ainsi que, travaillant quotidiennement au service de la France, ayant toujours voulu être au service de mes frères, membre de l'association Hand Amitié au service de personnes en situation de handicap, j'ai pris la décision de réaliser à partir de septembre 2026 une année de discernement.
Comme vous le savez, le mardi 7 juillet, le Sénat a rejeté pour la troisième fois la proposition de loi sur l'aide à mourir. Vous êtes le seul à pouvoir désormais interrompre la procédure avant un vote solennel prévu le 15 juillet à l'Assemblée nationale. Je ne reviendrai pas sur les arguments en faveur ou en opposition à cette proposition que vous connaissez bien mieux que moi.
« Les décisions qui engagent une vie, une nation ou une conscience méritent d'abord le silence, car c'est dans le silence que naissent le discernement et la sagesse ».
Votre parcours qui vous a conduit jusqu'à l'une des plus hautes responsabilités de notre République, témoigne de votre immense dévouement au service de la France et des Français.
Cette proposition de loi ne fait pas l'unanimité au sein des Français, au sein du parlement, et je le crois, au sein du gouvernement.
« Le rôle d'un dirigeant n'est pas de satisfaire toutes les attentes, mais d'assumer, avec discernement, les décisions qu'ils croient être dans l'intérêt commun ».
La vie est si belle, si grande, si mystérieuse ! La beauté de la vie ne se mesure pas seulement à sa durée, mais à la valeur de chaque instant vécu, chaque lien partagé, chaque présence offerte. Antoine de Saint-Exupéry écrivait : « C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante ». Après une année passée avec des personnes en situation de handicap, j'ai découvert la richesse et la beauté de la fragilité. Les personnes qui souffrent peuvent nous « aider à transformer les réalités dans lesquels nous vivons, en les rendant plus humaines plus accueillantes. Sans vulnérabilités, sans limites, sans obstacles à surmonter, il n'y aurait pas de véritable humanité. »
Je pense que personne ne peut mesurer la difficulté de vos responsabilités. Je connais l'engagement qu'a pris le Président de la République lors des élections présidentielles.
Je souhaite que vous puissiez choisir ce que vous dicte votre cœur, et qu'au milieu d'un environnement complexe où les sujets ne manquent pas, vous pouviez consacrer ce temps de silence pour savoir si vous devez ou pas interrompre la procédure.
En vous renouvelant ma profonde et sincère reconnaissance pour votre service au service de la France,
Respectueusement,
Maxime