Manifeste pour une autre jeunesse, Tanguy LOUVEL

L'éducation, une vocation

On ne choisit pas l'éducation comme un métier, elle s'impose comme une vocation. Elle naît d'un feu intérieur, d'une rencontre, d'une soif de servir plus grand que soi. Elle se forge dans la poussière des terrains de sport, au coin d'un feu de camp, dans les couloirs d'un internat ou au détour d'une conversation avec un élève qui vous confie, à demi-mots : "aidez-moi à grandir". 

Mais cette vocation ne suffit pas. Aimer la jeunesse ne fait pas de soi un éducateur. Encore faut il savoir comment l'aimer, comment la relever, comment la conduire vers ce qu'elle porte de meilleur. Eduquer requiert une direction, une tenue intérieure, une cohérence de vie. C'est un engagement total, un art difficile, un combat parfois. On devient éducateur le jour où l'on comprend qu'éduquer n'est pas un rôle mais une posture, que c'est une manière de se tenir dans le monde, debout, et de nous tenir tous ceux qui nous sont confiés. 

Eduquer, une posture

Eduquer n'est pas un métier d'horaires. C'est une tenue de vie, une posture qui consiste à regarder chaque jeune comme une promesse, tenir l'exigence et la bienveillance ensemble, préférer l'échelle humaine aux paquebots anonymes, assumer l'autorité qui sert et l'humilité qui élève. Tenir debout ne suffit pas, il faut s'orienter car cette posture s'éprouve dans un monde brouillé, saturé de signaux, où l'on confond souvent liberté et dispersion. 

Après la posture vient le regard. Comprendre les forces qui travaillent notre époque, nommer les fausses évidences, discerner par où passent les lignes de fracture et les voies d'espérance : voilà le prochain pas. Comprendre le monde qui nous entoure pour forger, dans le bruit, une boussole fiable et transmettre aux jeunes l'art de combattre sans se perdre.

Source : Tanguy LOUVEL