La grâce

3 approches :

- La grâce est données gratuitement (différente de ce qu'on mérite)

- La grâce relève du secours divin, qui vient à notre aide

- La grâce nous permet de participer à la vie de Dieu

Une image : 

- La sève de la vie divine vient couler dans nos veines. 

La grâce correspond à une seconde nature qui vient déployer ce à quoi Dieu nous appelle. 

2 types de grâce :

- Grâce sanctifiante - don permanent nécessaire au salut qui transforme l'âme pour la rendre agréable à Dieu

- Grâce charismatique - don particulier pour le bien commun de l'Eglise

Avons-nous besoin de la grâce ? 

Oui, nous en avons un besoin absolu. 

Le pélagianisme est une doctrine chrétienne du Ve siècle, initiée par le moine Pélage, qui défend le libre arbitre de l'homme et minimise le rôle de la grâce divine dans le salut. Saint Augustin a combattu le pélagianisme. 

Exercice intérieur à accomplir : tuer le "petit pélagien" et prendre conscience que je ne peux pas me sauver sans la grâce. 

Les bonnes œuvres servent elles à quelque chose ? 

Protestantisme : Luther, moine augustinien, anxieux, avait besoin de se rassurer. Il considérait que les bonnes œuvres ne servent à rien, seule la foi nous sauve. 

Or, en réalité, la grâce va aussi passer par les bonnes œuvres que je vais faire.

Il est important d'être conscient que nos efforts eux-mêmes viennent de la grâce.  

Jésus meurt pour nous

Jésus meurt pour nous dans un don total et gratuit. 

Nous sommes invités à nous unir à Lui. Nous sommes invités à redécouvrir notre radicale dépendance à Dieu. 

Prendre conscience de ses faiblesses

2ème lettre de Saint Paul apôtre aux Corinthiens

"Et ces révélations dont il s'agit sont tellement extraordinaires que, pour m'empêcher de me surestimer, j'ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime.

08 Par trois fois, j'ai prié le Seigneur de l'écarter de moi.

09 Mais il m'a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C'est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure."

Il est important de redécouvrir les faiblesses qui m'habitent. C'est à travers elles que le Seigneur s'approche et agit en moi. 

Il y a un vrai oui à donner au Seigneur, à consentir à nos faiblesses. 

Nous avons à accueillir la pauvreté pour recevoir la grâce. Plus j'accueille mes faiblesses, plus je peux être sauvé par la grâce. 

Plus profonde vérité de notre être : être créé et sauvé par la grâce ! 

La grâce ne détruit pas la nature

La grâce vient perfectionner la nature. 

Dieu, dans sa bonté, nous a créé. Ainsi, nous sommes projetés dans le monde mais aussi appelés à retourner à Dieu. 

Dieu ne pourra pas me sauver sans moi. 

La grâce implique une participation à la vie divine. Avec la grâce, je peux poser des actes bons et surnaturels. 

La grâce est ainsi un don surnaturel donné par Dieu à une créature dotée d'une intelligence en vue d'un agir global. 

Grâce opérante et coopérante

La grâce opérante (gratia operans) est celle où Dieu agit seul en nous, sans que notre volonté n'intervienne comme cause active ; elle éveille, initie et produit le bien en nous (par exemple, la conversion initiale ou le mouvement premier de la foi). Dieu « opère » en nous le vouloir. 

La grâce coopérante (gratia cooperans) est celle où Dieu agit avec notre volonté humaine désormais convertie et consentante ; elle nous aide à accomplir et à faire porter des fruits à nos bonnes œuvres. Dieu et l'homme agissent ensemble (l'homme « coopère » sous la motion divine)

Cheminement 

Je suis impuissant, je consens à être aider par autrui, je ne suis libre que dans la grâce divine. 

Oraison

« Que ta grâce inspire notre action, Seigneur, et la soutienne jusqu'au bout, pour que toutes nos activités prennent leur source en toi et reçoivent de toi leur achèvement. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen. » *

La grâce capitale

Caput < tête

Grâce qui découle sur toutes les autres. 

Grâce reçue par le Christ, grâce qui déborde du Christ. Or le Christ, c'est la tête, et nous, nous sommes les membres. 

Jésus est le seul sauveur, seul lui peut nous donner la grâce. Dans notre vie spirituelle, tout doit mener à Jésus. 

Si l'on peut être attaché à la Vierge Marie, à la liturgie, les moyens qui mènent à Jésus ne doivent pas prendre la place de Jésus. 

La grâce est christo-conformante

La grâce me fait ressembler au Christ. 

Alter Christus : nous sommes appelés à être conformé au Christ. Pour cela, il faut consentir et coopérer. 

Nous sommes appelés à imiter Jésus pour le laisser lui-même former son image en nous.

Epitre aux Philippiens

« Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ »

La spiritualité du Cœur de Jésus consiste à une dévotion pour regarder le Christ en profondeur. 

La spiritualité ignatienne chercher à se mettre à la place de Jésus dans les Evangiles pour imaginer la scène. 

La grâce se déploie dans tous les membres

La grâce n'est pas la même pour tous. Chacun peut faire rayonner un aspect différent du visage du Christ. C'est l'image du vitrail avec une seule source de lumière mais de multiples coloris . 

Questionnements 

Y a t-il des aspects du visage du Christ qui me touche plus ? (compassion, clarté de l'enseignement, guérison des cœurs blessés...)  Nous sommes tous appelés à être un petit Christ dans le monde. 

Qu'est-ce que Jésus de lui même veut faire grandir en moi ? 

Jésus est il le seul sauveur de ma vie ? Est-ce que je souffre d'une désincarnation de la foi ? 

Qui est Jésus pour moi ? Comment cette grâce capitale vient s'incarner en moi ? 

Quelle couleur du vitrail suis-je appelé à être ? 

Dans les mains de la Providence

Pour vivre de la Providence, cela demande un regard de foi. 

Un regard de foi ne signifie pas avoir des lunettes magiques mais avoir la tête au Ciel (VIe intérieure) et les pieds sur terre. 

Attention au piège du providentialisme qui consiste à voir tout comme évident. L'homme ne peut pas tout expliquer. 

L'homme ne comprendra les deuils, les guerres, les trahisons que dans la vision béatifique. 

Sans la foi, on ne peut pas voir Dieu en action. 

Si Dieu n'est pas un "distributeur automatique", nous devons avoir confiance que nous sommes dans les mains du Père. 

La souffrance

Dieu, comme l'homme, n'aime pas la souffrance. 

Chacun peut choisir comment il veut la vivre. 

Jésus est venu habiter la souffrance. Dieu n'est pas doloriste. Jésus meurt sur la croix pour l'Amour de Dieu et du prochain. 

Instruments de la Providence

Dieu gouverne toutes choses.

Il faut distinguer l'action du Dieu créateur et les activités des créatures secondes (hommes et femmes).

Nous sommes régis par des lois propres auxquelles Dieu a donné une autonomie.

Dieu est la cause des causes secondes puisque c'est lui qui donne l'existence à chaque instant. Les causes secondes n'ont pas en elle même leur propre origine.

Dieu a voulu passer par les causes secondes pour gouverner le monde.

Dieu - Plan d'ordination des choses à leur fin

Hommes - Mise en œuvre de ce plan.  

Les créatures sont autonomes dans leur liberté. 

Les causes secondes sont totalement dépendantes de Dieu :

Chapitre 19, Evangile selon St Jean :  Jésus répondit : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu d'en haut ; c'est pourquoi celui qui m'a livré à toi porte un péché plus grand. » 

La prière

La prière n'est un moyen pour infléchir la volonté de Dieu. 

Sens d'une prière exaucée : Dieu a décidé de toute éternité d'exaucer notre prière qu'avec le concours de notre prière. 

Dieu suscite en nos cœurs de bons désirs. On apprend à désirer ce que Dieu veut. 

Relire son année

Il peut être bien de relire son année sous le regard de la Providence. 

Faire croître la grâce :

Rencontre de deux libertés :

- Libre initiative de Dieu

- Libre réponse de l'homme

Les sacrements sont un autoroute sans limite. Par les sacrements, la grâce nous est donnée librement. 

La prière permet aussi de recevoir la grâce. La prière est une communion avec Dieu. On se retrouve comme au Ciel dans la vie de la Sainte Trinité. Nous sommes invités à saisir la chance de la prière. La prière permet de parler à Dieu, de le regarder. Dieu nous transforme dans la prière. Quand on prie, Dieu met sur nos lèvres des paroles. 

Dieu attend que nous soyons des personnes prêtes à gouverner le monde avec lui. 

Le sacrement est le signe visible d'une réalité invisible. On ne voit pas la grâce de Dieu mais Il est bien là. Les sacrements sont efficaces puisque c'est le Christ qui agit par eux. Dieu peut donner la grâce hors sacrement mais les sacrements sont une chance pour recevoir sa grâce.

Ex opere operantis

L'expression ex opere operantis désigne, dans la théologie catholique, l'efficacité d'un acte religieux qui dépend des dispositions intérieures, de la foi et des mérites de celui qui l'accomplit ou le reçoit.

  • Ex opere operato (« de par l'action opérée ») : Concerne les sacrements. Leur grâce est accordée par l'action même du Christ et la puissance de Dieu, indépendamment de la sainteté du prêtre ou de la perfection humaine, pourvu qu'on ne pose pas d'obstacle. 
  • Ex opere operantis (« de par l'œuvre de celui qui agit ») : Concerne la prière, les sacramentaux (bénédictions) ou les fruits spirituels d'un sacrement. L'effet de la grâce reçue dépend ici de la ferveur, de la foi et de l'ouverture du cœur du fidèle.
Image du ressort de la grâce
Chaque fois que l'on se détourne de Dieu, on tort le ressort. 

Des grâces selon chaque sacrement

Par le baptême et la confirmation, on est configuré, on appartient à Dieu de manière définitive. 

Derrière le baptême, il y a une grâce de génération de l'Eglise. 

Derrière la confirmation, il y a la grâce de croissance de la foi. 

Derrière l'Eucharistie, il y a la grâce de la communion spirituelle.

 Derrière la confession, il y a la grâce d'enlever les péchés. 

Derrière le sacrement des malades, il y a la grâce de la guérison des maladies. 

Derrière le sacrement du mariage, il y a la grâce de la gestion de la famille. 

Derrière le sacrement de l'ordre, il y a la grâce de guider le peuple. 

Les charismes

Don de Dieu, manifestation de l'Esprit Saint en vue de l'édification de l'Eglise et des autres.

Première lettre de Saint Paul apôtre aux Corinthiens

01 Frères, au sujet des dons spirituels, je ne veux pas vous laisser dans l'ignorance.

04 Les dons de la grâce sont variés, mais c'est le même Esprit.

05 Les services sont variés, mais c'est le même Seigneur.

06 Les activités sont variées, mais c'est le même Dieu qui agit en tout et en tous.

07 À chacun est donnée la manifestation de l'Esprit en vue du bien.

08 À celui-ci est donnée, par l'Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ;

09 un autre reçoit, dans le même Esprit, un don de foi ; un autre encore, dans l'unique Esprit, des dons de guérison ;

10 à un autre est donné d'opérer des miracles, à un autre de prophétiser, à un autre de discerner les inspirations ; à l'un, de parler diverses langues mystérieuses ; à l'autre, de les interpréter.

11 Mais celui qui agit en tout cela, c'est l'unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier.

Saint Thomas d'Aquin définit les charismes comme des grâces spéciales données gratuitement par l'Esprit Saint (gratia gratis data). Ces dons ne visent pas la sainteté personnelle de celui qui les reçoit, mais le bien commun, le service d'autrui et l'édification de l'Église. 

Critères du charisme :

- Finalité : en vue du salut des autres

- Foi : il doit confirmer la vérité de la foi

- Il ne doit pas détourner des biens spirituels

- Il ne doit pas inspirer des comportements problématiques

 - Il doit être en vue de la charité

- Son origine doit être surnaturelle

- Discernement des esprits : la personne doit accepter de discerner avec l'Eglise

- Situation : le charisme ne doit pas conduire à dépasser sa situation 

Le charisme est donné gratuitement. 

Le charisme ne dépend pas du niveau de sainteté.

Le charisme est donné pour un temps ou de manière stable. 

Marie, pleine de grâce

Cette plénitude justifie la place qu'occupe Marie. 

Sainteté particulière de Marie.

Jésus reste le seul sauveur.

2 dogmes :

-  Immaculée Conception, proclamée en 1854 par le Bienheureux Pie IX

- Assomption, proclamée en 1950 par le pape Pie XII

Immaculée Conception

Comment une créature peut être préservée du péché originel avant que Jésus s'incarne ? Marie n'a pas besoin du salut.

Marie, en prévision des mérites de la Croix, a été préservée du péché. 

Intervention de Jésus avant la blessure du péché pour Marie. 

La grâce anticipe : ce que Dieu donne, Dieu le prépare. 

Prédestination : Dieu nous a choisi pour être saint. 

En Marie s'accomplit de manière suréminente ce qui se passe pour chacun de nous. 

Primat de la grâce : Marie a eu besoin d'une grâce toute particulière. 

Assomption 

Pleinement cohérent avec le dogme de l'Immaculée Conception. Marie ne connaît pas les conséquences du péché au terme. 

Marie est élevée au Ciel avec son corps et son âme. 

Marie meurt et ressuscite, sans connaître la corruption du corps. 

La Dormition montre la mort de Marie comme un repos ou un passage doux vers le ciel, semblable à un sommeil. 

Source : route chantante ad aeternam